Une surprenante fresque de Banksy rhabillant un arbre nu apparue à Londres


Voilà une œuvre de street art qui ne sera pas passée inaperçue ! Apparue dans la nuit du 17 au 18 mars sur le mur d’un immeuble de quatre étages dans le quartier de Finsbury Park, à Islington dans le nord de Londres, cette grande fresque vert vif, qui attire désormais une foule de fans et de curieux, a été revendiquée dès ce lundi 18 mars par le street artiste Banksy, qui en a publié des photos avant/après sur son compte Instagram.

Le principe est astucieux. Peint au pochoir, un personnage féminin grandeur nature, vêtu d’une combinaison protectrice et armé d’un nettoyeur à pression rempli de peinture, vient de recouvrir la façade du bâtiment d’un vaste nuage de couleur verte qui forme des coulures jusqu’au sol. Une grande « tache » colorée qu’on prendrait facilement pour un accident, un acte de vandalisme enragé ou une œuvre abstraite à la Cy Twombly… Sauf que devant le mur peint se tient un étrange (mais bien réel) arbre nu parfaitement taillé, auquel la masse colorée semble, par effet d’optique, offrir un feuillage de fortune !

Jouer avec les éléments urbains

L’expressivité et l’aspect (faussement) déstructuré de la fresque surprend par rapport à ses œuvres habituelles.

Est-ce une métaphore de l’art à la rescousse de la vie ? Une référence grinçante à la détérioration de l’environnement et à nos efforts dérisoires pour faire revenir un peu de nature dans un monde ultra-bétonnisé ? L’outil représenté est ambivalent : est-ce un nettoyeur haute pression (objet qui peut être utilisé pour effacer à grande eau des fresques de street art) que Banksy, facétieux, détourne pour lui donner une fonction inverse, celle d’un pistolet à peinture ? Ou serait-ce un pulvérisateur de pesticides – auquel cas ce vert toxique dénoncerait les comportements polluants et le greenwashing, méthode de marketing cynique consistant à utiliser en façade l’argument écologique pour cacher des pratiques nocives pour l’environnement ? À nous d’interpréter l’œuvre, qui évoque probablement un peu de tout cela à la fois !

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Détail de la fresque de Banksy dans Finsbury Park sur Hornsey Road à Londres

Détail de la fresque de Banksy dans Finsbury Park sur Hornsey Road à Londres, 18 mars 2024

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© Jane Hobson / Shutterstock / Sipa

Quoiqu’il en soit, on reconnaît la patte de ce maître de l’art urbain, célèbre pour ses œuvres subversives et son légendaire anonymat. Qu’il s’agisse d’un obstacle anti-char en Ukraine ou d’un vieux congélateur en Angleterre, Banksy aime jouer avec des éléments réels présents dans la rue, qu’il inclut dans ses œuvres de façon à ce qu’ils fassent partie intégrante de la composition et de son sens.

Un choix de couleur étonnant

Mais ici, la couleur verte utilisée est plutôt inhabituelle chez Banksy, qui emploie essentiellement du noir, du gris et du blanc, avec parfois des touches de rouge ou d’autres couleurs ajoutées avec parcimonie. L’expressivité et l’aspect (faussement) déstructuré de la fresque, qui s’échappe de la netteté du pochoir, surprend elle aussi par rapport à ses œuvres habituelles. Ce qui explique qu’elle ait été particulièrement remarquée et commentée dès son apparition !





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