Une expo à Paris dévoile l’étrangeté sulfureuse de Rosso et Primatice,


Le cabinet des dessins Jean-Bonna de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris n’est certes pas très grand, mais cet espace « de poche » permet d’admirer de près, dans un cadre charmant et intimiste, de précieuses œuvres sur papier. Sa nouvelle exposition rassemble ainsi de délicats dessins préparatoires à la plume, pierre noire ou sanguine des artistes italiens de la Renaissance Rosso Fiorentino et Primatice. Ces témoins de la genèse des décors peints et sculptés du château de Fontainebleau y côtoient des estampes à l’eau-forte produites d’après leur travail par d’autres artistes bellifontains dans les années 1540.

Le grand chantier du château de Fontainebleau, lancé en 1528 par François Ier, a marqué l’histoire de l’art européen. Souhaitant une résidence royale plus proche de Paris que les châteaux de la Loire, et qui puisse rivaliser avec le raffinement et le prestige des demeures princières italiennes, le souverain décide de transformer un ancien château médiéval en un palais moderne, symbole de la Renaissance française. Peintres, sculpteurs, architectes, fresquistes, menuisiers et ornemanistes s’attellent à la construction de cette œuvre d’art total, qui devient de fait un centre artistique influent et une vitrine du pouvoir royal français.

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