un ouvrage revient sur un long débat né en 1815


De 1794 à 1811, la France révolutionnaire puis impériale confisque et transfère à Paris des milliers d’œuvres d’art, livres et objets précieux issus des territoires occupés par ses armées en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche et en Espagne, au nom de l’universalité de son musée central des Arts, fondé en 1793 au sein du palais du Louvre, l’ancienne résidence royale située au cœur de la capitale.

Lorsqu’en 1815 l’Empire napoléonien s’effondre, et avec lui ses rêves de grandeur, la question de la restitution de ces œuvres arrachées à leurs pays d’origine s’impose d’emblée au cœur d’un débat public européen dont les échos se font entendre jusqu’en Russie et même aux États-Unis.

Au centre des débats depuis deux siècles

Tandis que, âprement négociées, des restitutions substantielles sont finalement accordées, intellectuels, artistes, responsables politiques, militaires et simples témoins s’interrogent sur les notions de « musée », de « patrimoine universel », d’« identité nationale », sur l’accès de chacun aux arts et aux savoirs, sur le statut juridique des objets, sur les cas de spoliations et d’appropriations culturelles pratiqués hors d’Europe.

Le regard d’une spécialiste du sujet

Couverture de « 1815, le temps du retour – Restituer l’art en Europe après l’Empire napoléonien » de Bénédicte Savoy

Couverture de « 1815, le temps du retour – Restituer l’art en Europe après l’Empire napoléonien » de Bénédicte Savoy

L’historienne de l’art Bénédicte Savoy, spécialiste de ces questions de restitution, enjeu majeur de notre monde postcolonial auquel elle a consacré plusieurs ouvrages essentiels (notamment Restituer le patrimoine africain avec Felwine Sarr en 2018), revient sur ce moment clé de l’histoire, riche d’enseignements pour aborder les débats en cours opposant désormais Paris, Rome, Londres, Amsterdam et Berlin à Jakarta, Abuja, Pékin, Lomé ou Cotonou.

« Revenir à la fin de l’Empire napoléonien, explique Bénédicte Savoy, c’est se donner les moyens d’une double opération critique : comprendre comment la violence fondatrice de l’institution muséale a été pensée et contestée dès l’origine, et rappeler que les restitutions n’ont jamais tué un musée ; elles ont au contraire marqué des moments de redéfinition, où l’institution a pu repenser son sens, ses limites et son horizon. »


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1815, le temps du retour – Restituer l’art en Europe après l’Empire napoléonien

Par Bénédicte Savoy





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