C’est historique : le tout premier musée au monde dédié entièrement à l’architecture brutaliste va ouvrir ses portes à Londres en 2028 ! Baptisé Museum of Brutalist Architecture (MoBA), ce dernier prendra place dans un édifice emblématique du mouvement, situé dans le quartier de Camden.
Exemple majeur de brutalisme londonien – au même titre que le Barbican Centre (construit entre 1965 et 1982), le National Theatre (1963–1976) et l’Alexandra & Ainsworth Estate (1972–1978) –, l’Assembly Hall de l’Acland Burghley School est un bâtiment hexagonal faisant partie de la dernière école brutaliste encore debout dans la capitale britannique.
Ouverture en 2028
Construit en 1968 par Howell, Killick, Partridge & Amis (HKPA), l’édifice accueillera donc un centre d’interprétation, ainsi que des expositions et événements consacrés à ce mouvement architectural singulier de l’après-guerre.

Université Acland Burghley à Londres
© Wikimedia Commons / © Jim Osley
Développé par l’association londonienne Urban Learners (organisation éducative et de design à but non lucratif, fondée en 2018 et qui œuvre pour la démocratisation de la culture), le musée verra sa construction débuter en 2026 sous la houlette de l’agence londonienne Reed Watts Architects. Le bâtiment étant classé depuis 2016, le chantier inclura la contrainte délicate de la préservation de l’architecture existante. Initié en 2021 suite à un appel à projets lancé par le Camden Council, ce projet d’un coût total de 2,9 millions d’euros sera financé en majeure partie par le National Lottery Heritage Fund (à hauteur de 1,27 million), mais aussi par la mairie de Camden et plusieurs fondations.
Un intérêt grandissant pour ce mouvement architectural
Béton brut, dépouillement fonctionnel, formes massives aux angles tranchants et répétées comme des motifs géométriques… Incarné surtout par des logements sociaux et des bâtiments publics, ce style a connu une grande popularité des années 1950 aux années 1970, et dans l’Europe de l’Est communiste jusqu’à la fin des années 1980. Ses représentants (tels Marcel Breuer, Ernö Goldfinger, Denys Lasdun, Jacques Kalisz, Paul Rudolph, Alison et Peter Smithson, ou Bertrand Goldberg) se sont inspirés du mouvement moderniste, et en particulier des travaux pionniers de l’architecte d’origine suisse Le Corbusier.
La création de ce lieu témoigne d’une reconnaissance croissante de l’intérêt esthétique et patrimonial de l’architecture brutaliste, qui a subi un large rejet au cours de ces dernières décennies. Considérée par ses détracteurs comme laide, froide et austère, mais peu à peu réévaluée comme visionnaire et audacieuse, elle a bénéficié récemment d’un regain d’intérêt majeur suite à la sortie du film The Brutalist de Brady Corbet (2024), dans lequel l’acteur Adrien Brody incarne un architecte fictif lancé dans un projet pharaonique.
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