qu’est-ce que l’AdBlue, le système anti-pollution dans le viseur de certains pompiers ?


Dès le départ des feux en Gironde, Marc Vermeulen, directeur du Sdis 33, avait interpellé la préfecture sur les normes européennes «très contraignantes» qui s’appliquent aux camions de pompiers comme aux autres Diesel.

Les camions de pompiers sont-ils des véhicules comme les autres ? Depuis les départs de feu en Gironde et dans les Landes, l’agacement se fait sentir du côté des syndicats et de certains pompiers, qui dénoncent une situation «ubuesque» : l’application du dispositif anti-pollution AdBlue aux véhicules rouges et blancs.

«Ce qui se passe, c’est que les camions qui luttent contre les feux de forêt sont soumis aux mêmes normes environnementales que des camions classiques», a dénoncé Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d’incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33), début juillet.


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Depuis septembre 2017 et l’entrée en vigueur de la norme européenne dite «Euro 6d-TEMP», chaque nouveau véhicule diesel est doté d’un réservoir, séparé du carburant, dans lequel se trouve une solution aqueuse composée à 32,5 % d’urée et à 67,5 % d’eau déminéralisée. Elle permet de réduire de 85% le gaz toxique émis par le gazole et ainsi de limiter les émissions polluantes. Problème : «Les réservoirs se vident assez vite», dénonçait Pierre Tonnel, mécanicien du Sdis après la prise de parole de Marc Vermeulen. Et d’ajouter : «Sur les opérations de longue durée on a facilement des pannes liées à ça : on est obligés de faire sortir les véhicules pour les remettre en route.»

«Le véhicule peut être empêché de démarrer»

D’après le site spécialisé Auto Journal, «lorsque le niveau d’AdBlue est trop bas, des alertes s’affichent et, si elles sont ignorées, le système moteur réduit les performances afin de limiter les émissions de NOx». Et en cas de réservoir totalement vide, «le véhicule peut être empêché de démarrer pour respecter les normes environnementales», précise le média.

Un fonctionnement qui peut s’avérer particulièrement handicapant dans le cadre d’interventions comme celles en cours en Gironde et dans les Landes, qui s’étalent sur plusieurs jours. «C’est quelque chose qu’on a appris à gérer, mais c’est quand même pénalisant», jugeait début juillet le directeur du Sdis 33, qui réclame une dérogation pour que ces camions échappent à la norme européenne. Selon lui, cette obligation est d’autant moins adaptée aux véhicules de pompiers que ces derniers feraient peu de kilomètres dans le cadre de leurs interventions. «Les véhicules d’incendie et de secours ne roulent pas beaucoup, en moyenne entre 3000 et 4000 km par an, là où les véhicules de la même gamme poids lourds qui sont dans le monde industriel vont rouler plusieurs centaines de milliers de kilomètres», a-t-il pointé.

Ce n’est pas la seule dérogation que souhaiteraient obtenir les pompiers. Au micro de BFMTV, le lieutenant-colonel Raphaël Thillaye du Boullay prenait ce lundi l’exemple du règlement «GSR2», qui impose depuis 2024 de nouveaux équipements de sécurité obligatoires sur les véhicules neufs, à l’image de «l’évitement de collision piéton». «Lorsque nos véhicules interviennent dans le maquis, en forêt, chaque fois qu’il y a devant eux un arbre, ça n’est pas capable de le différencier d’un piéton. C’est un obstacle, donc le véhicule s’arrête», exposait-il. Autant de pistes d’amélioration lorsque sonnera l’heure de tirer des conclusions à l’issue de ces incendies, les plus dévastateurs des cinquante dernières années.



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