Une installation partiellement végétalisée serait à l’étude au sein des collectivités locales de Clisson (Loire-Atlantique) et de son agglomération, qui accueillent le festival. Le dispositif permettrait d’atténuer les désagréments liés au festival de musiques extrêmes.
À trois mois du festival, les voisins de l’enfer profitent encore d’une sérénité à temps compté. À Clisson (Loire-Atlantique), à une vingtaine de kilomètres au sud de Nantes, les habitants les plus proches du site du Hellfest ne désespèrent pas de trouver le moyen d’atténuer, quelque peu, les rugissements électriques occasionnés par le plus gros rendez-vous français consacré aux musiques extrêmes. Car, oui, malgré les bientôt 20 ans du festival, la gestion des nuisances sonores demeure toujours un sujet de discussions entre une partie des Clissonnais et Hellfest Productions, les organisateurs de l’événement.
La dernière réunion organisée, le 26 mars, entre les représentants du festival et un collectif d’habitants – l’association des riverains du champ Louet – a ainsi été l’occasion de passer en revue des dossiers tels que l’installation d’une nouvelle antenne-relais ou le déplacement d’un parking. Mais aussi la possible érection d’un «mur antibruit» autour d’une partie du site musical. D’après le quotidien Ouest France, le projet – mêlant une structure métallique à des éléments végétalisés – serait en cours d’étude à la mairie de Clisson ainsi qu’auprès des services agricoles – ce que la municipalité n’a pas été en mesure de confirmer, mardi. Joint par Le Figaro, le fondateur et directeur du Hellfest, Ben Barbaud, confirme être à l’initiative de ce projet, qui serait directement financé par le festival.
Des nuisances en tout genre
«L’idée de ce promontoire qui pourrait atteindre 6 à 7 mètres, est née des échanges que nous menons en bonne intelligence avec les riverains», indique l’entrepreneur. D’après lui, le «mur antibruit» attend toujours le feu vert de la commune et de la communauté d’agglomération – les autorités souhaitant obtenir l’approbation par consensus des habitants de la zone la plus concernée par les nuisances sonores avant de s’engager. Dans le meilleur des cas, l’installation ne serait pas construite avant l’année prochaine. «Nous restons force de proposition. Si ce projet n’aboutit pas, nous pourrons imaginer d’autres solutions», avance Ben Barbaud.
À Clisson, les nuisances sonores directement liées au festival concernent en particulier une rue située immédiatement derrière un champ investi depuis 2023 par le festival. Une scène a un temps été aménagée à 100 mètres environ des premières habitations. Non associés à cette décision, les riverains – pas foncièrement opposés à la manifestation musicale en soi – avaient manifesté leur déception face au manque de communication du Hellfest. Une étude d’impact sonore a, depuis, été commandée puis transmise à l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire. Les riverains ne restent pas moins attentifs à l’évolution de la situation – en craignant notamment l’éventuelle dégradation de la valeur foncière de leurs propriétés.
De Nantes à Clisson, les micro-festivals de métal dans l’ombre du Hellfest
Voici belle lurette que les tous les acteurs concernés cherchent la bonne note pour répondre au problème des nuisances sonores. Celles-ci ne sont d’ailleurs pas l’apanage des seuls concerts, mais aussi des festivaliers, du nouveau bar-brasserie permanent, des déplacements de La Gardienne des Ténèbres ainsi que du chantier d’installation puis de démontage du festival. Ces dernières opérations dépassent allégrement les quatre jours du Hellfest – qui se tiendra cette année du 18 au 21 juin. Le ballet des machines s’ouvre dès la mi-mai, pour ne s’achever qu’à la mi-juillet, occasionnant un remue-ménage important en pleine saison estivale. Un désagrément certain pour les riverains, pour beaucoup retraités.
Les organisateurs, de leur côté, doivent jongler entre les attentes du public comme des artistes, sans oublier la réglementation de plus en plus stricte. Si les enceintes du site sont bien bridées, le Hellfest, comme d’autres festivals en plein air, peine à respecter un arrêté de 2017, mis à jour en 2023. Le texte contraint les organisateurs à limiter à 80 décibels (dB) l’émission de sons amplifiés pendant plus de huit heures, et à limiter à trois décibels l’«émergence globale» de la manifestation, soit la différence entre le bruit généré et le bruit résiduel normal du secteur, naturellement bas en rase campagne. Soit une mesure inapplicable nombre de festivals en plein air. Et d’autant plus pour un festival de musiques extrêmes, qui joue sa crédibilité à l’international, font entendre de longue date les organisateurs. Autrement dit, le hard-rock ne saurait se la jouer mezza voce.
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