Traquer le trésor caché avec Caroline Thieffry, jeune marchande d’art


Elle a assurément du style. Vestimentaire déjà, avec sa petite veste bavaroise chinée en brocante et ses bijoux vintage, mais aussi décoratif — son appartement, au dernier étage d’un immeuble haussmannien du 20e arrondissement, est truffé de petits vases XIXe siècle, de meubles épurés type Sécession viennoise, qui côtoient des pièces design telle une chaise des Eames.

En attendant de pouvoir s’offrir une galerie à Paris, Caroline Thieffry y a soigneusement décoré un mur de ses dernières acquisitions. Parmi les lithographies Art nouveau et les petites toiles romantiques, il y a cette grande peinture de Sarah Bernhardt en Jeanne d’Arc, costume hivernal, brandissant fièrement un étendard sur un champ de bataille, peinte par son amant et ami Georges Clairin en 1891. « Celle-ci, je vais avoir du mal à la voir partir », nous confie-t-elle.

Un métier, fruit du hasard et des rencontres

Pierre-Victor Galland, Allégorie du Commerce

Pierre-Victor Galland, Allégorie du Commerce, 1890

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huile, essence et crayon noir sur fond or sur toile • esquisse non utilisée pour la galerie des Métiers de l’Hôtel de Ville de Paris • © SNCAO 2023 DR

Car si son métier a pour but de vendre, il consiste d’abord à dénicher ces pépites que les autres galeristes et brocanteurs laissent filer, celles dont les propriétaires veulent se débarrasser. Cela requiert un œil, de la patience, un tas de connaissances en histoire de l’art. L’art d’identifier ce qui, avec du travail, de la recherche, des retouches parfois – elle bénéficie d’un réseau d’encadreurs et de restaurateur papier et tableaux – pourrait bien avoir de la valeur… Le fruit aussi, un peu, du hasard et des rencontres.

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Elle nous raconte ainsi l’aventure qu’a été l’achat d’un dessin, l’Allégorie du Commerce de Pierre-Victor Galland (1890) [ill. ci-dessus], lui ayant permis de remporter le prix Marcus du jeune marchand en Île-de-France face à une trentaine d’autres candidats. « Tout commence un week-end à Lille ». Flânant au musée La Piscine de Roubaix, elle y découvre, émerveillée, les esquisses sur fond doré du peintre décorateur. En rentrant à Paris, elle repère, lors de sa visite habituelle chez Drouot, une œuvre similaire appartenant à « l’école française de la seconde moitié du XIXe siècle ».

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