sur l’île-prison de Gorgona, l’un des domaines viticoles les plus atypiques du monde


REPORTAGE – En Italie, sur la dernière île-prison d’Europe, des détenus travaillent la vigne dans l’espoir d’une réinsertion réussie. Ils participent à la production d’un vin très valorisé.

À 39 ans, Piero arbore le large sourire et le menton haut de ceux qui sont fiers. En bordure d’une parcelle, cet ouvrier viticole d’un genre un peu particulier raconte le plaisir du travail bien fait et la satisfaction de voir ces rangs de vignes non mécanisables bien ordonnés face à la mer Tyrrhénienne. Le paysage a de l’allure. En cette chaude journée de juin, les raisins naissants donneront un excellent vin dans quelques semaines, c’est certain, même s’il ne sera pas autorisé à le déguster, comme n’importe quel autre alcool. Et puis de toute façon, Piero avoue ne pas aimer le vin. Ce soir, après son labeur, il ne rentrera pas chez lui, mais dans sa cellule, car il est privé de liberté depuis presque dix ans. Alors qu’il lui reste quelques années à purger, selon la remise de peine qu’il parviendra peut-être à obtenir, sa bonne conduite passée en Italie continentale lui a permis d’être transféré dans une prison insulaire unique au monde. Une récompense, certes, mais surtout la promesse…

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