qui était le sergent-chef Florian Montorio, tué au Liban ?


Le militaire de 40 ans, originaire de Montauban, avait déjà été «déployé plusieurs fois en opération». Il était pacsé et père de deux enfants.

Un deuxième soldat français a été tué depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Après l’adjudant-chef Arnaud Frion, décédé le 14 mars dans le Kurdistan irakien, le sergent-chef Florian Montorio a trouvé la mort au sud Liban, dans la région de Deir-Kifa ce samedi matin, lors d’une attaque contre la FINUL, la Force intérimaire des Nations unies au Liban.

Le Français intervenait dans le cadre d’une «mission d’ouverture d’itinéraire vers un poste de la FINUL isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone», a précisé la ministre des Armées Catherine Vautrin. «Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah», a de son côté indiqué le président français Emmanuel Macron, qui a exigé des autorités libanaises «qu’elles arrêtent immédiatement les coupables».


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Trois militaires blessés et évacués

Ce 18 avril, alors qu’une patrouille de la FINUL déminait des «engins explosifs le long d’une route dans le village de Ghanduriyah pour rétablir les liens avec des positions isolées de la FINUL», le groupe a été pris pour cible «par des tirs d’armes légères provenant d’acteurs non étatiques» à très courte distance, précise la FINUL sur son compte X.

Florian Montorio a été victime d’un «tir direct à l’arme légère», complète la ministre des Armées. Ses camarades l’ont «relevé sous le feu» mais ne sont pas parvenus à le réanimer. Trois de ses «frères d’armes» ont été blessés, dont deux grièvement, et évacués, a détaillé Emmanuel Macron.

«Leur sang est ce que nous avons de plus précieux» : les Français sont-ils prêts à «perdre des enfants» à la guerre ?

Originaire de Montauban, Florian Montorio s’était engagé comme militaire du rang dans l’armée de Terre à l’âge de 21 ans. «Remarquable militaire, reconnu pour ses qualités physiques et intellectuelles», le sergent-chef était doté d’un «sang-froid exemplaire et d’un sens de commandement hors du commun», relate l’armée de Terre dans un communiqué publié sur X. Qui salue un «état d’esprit irréprochable», et le respect dont il bénéficiait en tant qu’homme «de terrain».

Le sergent-chef avait participé à plusieurs missions et opérations à l’étranger au cours de ses 19 années de service. Il avait notamment servi au Sénégal, en Afghanistan, en Nouvelle-Calédonie, en République de Côte d’Ivoire, au Mali, en Irak, au Niger et en Guyane. Florian Montorio s’était notamment illustré en 2010 lors de son engagement en Afghanistan, au cours duquel il avait pris en charge un camarade blessé, action «qui lui a valu une citation à l’ordre de la brigade avec attribution de la Croix de la valeur militaire». Le sergent-chef était pacsé et père de deux enfants.

D’après Catherine Vautrin, Florian Montorio était «engagé depuis 18 ans avec force et détermination à servir son pays, à défendre la paix, à lutter contre le terrorisme, à protéger ses compatriotes». «Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d’armes», a ainsi salué la ministre.


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Qui a également tenu à honorer «la mémoire d’un des fils (de la Nation), qui a donné sa vie pour elle» . Un homme qui «inspire le respect et l’admiration par son parcours, sa personnalité, son courage». «Le 17ème RGP, c’est une fierté pour #Montauban, pour le Tarn-et-Garonne, pour toute notre région. Ces hommes et ces femmes s’engagent au péril de leur vie pour défendre la paix, au nom de la France et de la liberté», a complété la présidente de la région Occitanie Carole Delga.

«Une gentillesse énorme»

Pour le maire de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne), Jean-Michel Baylet, la mort de ce militaire originaire de sa commune constitue «un drame». «La famille Montorio est très connue à Valence d’Agen. Il y a d’ailleurs plusieurs branches. Ce sont des gens bien de chez nous et nous sommes malheureux», a déclaré M. Baylet à l’AFP. De son côté, le président du Rugby Club du Brulhois, basé à Dunes, près de Valence-d’Agen, où Florian Montorio a joué pendant des années s’est souvenu d’«un très grand type, toujours le sourire, toujours prêt à tout, une gentillesse énorme».

Le maire de Montauban, Didier Lallemand, a quant à lui fait part d’«une immense tristesse et un immense chagrin parce qu’une fois de plus le 17e RGP paye un lourd tribut dans ses missions». M. Lallemand a rappelé que «c’est un régiment qui avait déjà souffert à l’époque de Mohamed Merah», lequel, avant de tuer un enseignant et trois enfants d’une école juive à Toulouse le 19 mars 2012, avait assassiné trois militaires entre le 11 et le 15 mars de la même année, dont deux de ce régiment montalbanais.



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