que valent les grands événements du moment à Paris ?


Les grandes expositions foisonnent à Paris ! À Orsay, la virtuosité de John Singer Sargent illumine la saison hivernale, tandis que l’Orangerie révèle la figure longtemps occultée de la galeriste des avant-gardes Berthe Weill. La fondation Louis Vuitton dissipe le flou autour de six décennies de création de l’immense artiste allemand Gerhard Richter, quand le musée du Luxembourg met Pierre Soulages et ses noirs dans la lumière… Version clair-obscur, rendez-vous au musée Jacquemart-André qui accroche les tableaux de Georges de La Tour.

L’année 2025 étant celle du centenaire de l’Art déco, nous avons aussi visité la grande exposition du musée des Arts décoratifs, mais également suivi la réouverture de la fondation Cartier, nouvellement installée à deux pas du musée du Louvre, où s’expose Jacques-Louis David. Côté expositions thématiques, nous avons plongé dans « L’empire du sommeil » au musée Marmottan Monet et avons été fascinés devant les momies révélées au musée de l’Homme. Pour avoir notre avis, il n’y a plus qu’à dérouler l’article !

« Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde » au musée de l’Orangerie

Vue de l’exposition « Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde »

Vue de l’exposition « Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde »

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Photo Musée de L’Orangerie / Laëtitia Striffling-Marcu

Le pitch :

Le musée de l’Orangerie met en lumière Berthe Weill, figure longtemps oubliée de l’histoire de l’art. En 1901, cette femme issue d’un milieu modeste ouvre sa première galerie à Pigalle sous la devise « Place aux jeunes ». Pendant près de 40 ans, jusqu’à la fermeture forcée de son dernier espace en 1940, elle défend avec audace les avant-gardes naissantes. En témoignent une centaine d’œuvres – peintures, sculptures, dessins, estampes : Pablo Picasso (qu’elle vend avant même l’exposition chez Vollard), Amedeo Modigliani (dont elle organise l’unique exposition personnelle de son vivant en 1917), les fauves et les cubistes.

Ce qu’on a aimé :

Égrenant des chefs-d’œuvre emblématiques – tels que La Chambre bleue de Picasso (1901), Le Restaurant de la Machine à Bougival de Maurice de Vlaminck (1905), La Chambre bleue de Suzanne Valadon (1923) –, le parcours donne la mesure du flair de cette découvreuse qui repérait les talents émergents dans les Salons. Le portrait d’Émilie Charmy représentant Berthe Weill derrière ses lunettes rondes est particulièrement touchant, tout comme celui de Georges Kars montrant la galeriste en 1933, petite souris malicieuse dans le capharnaüm de sa galerie. L’exposition révèle une personnalité hors norme qui brava le sexisme et l’antisémitisme en défendant des artistes de tous horizons. À lire : ses mémoires publiés en 1933, Pan ! Dans l’œil… – réédités avec une préface de Marianne Le Morvan, fondatrice et directrice des archives Berthe Weill.

Dommage :

Objectif atteint pour ce commissariat 100 % féminin entrepris entre Paris, New York et Montréal : cette visionnaire est enfin replacée au rang qu’elle mérite, aux côtés de marchands comme Daniel-Henry Kahnweiler, Ambroise Vollard ou Paul Guillaume. M.B.

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Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde

Du 8 octobre 2025 au 26 janvier 2026

www.musee-orangerie.fr

« Momies » au musée de l’Homme

« Momies » au musée de l’Homme

« Momies » au musée de l’Homme, 2025

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© MNHN – J.-C. Domenech

Le pitch :

Pour les dix ans de sa réouverture, le musée de l’Homme ausculte les rites de momification à travers le temps et les civilisations. Loin des clichés hollywoodiens, l’exposition présente neuf corps momifiés exceptionnels, pour la plupart issus des collections du Muséum, auxquels s’adjoignent objets funéraires, documents scientifiques et œuvres d’art contemporain.

Ce qu’on a aimé :

Le musée réussit le tour de force délicat de traiter ce sujet avec respect, rigueur scientifique et pédagogie. Portée par un dispositif de voiles opaques placés devant chaque momie permettant au visiteur de choisir de la regarder (ou non), l’approche est sobre, sans dramatisation excessive. Chaque défunt est accompagné d’un cartel détaillé restituant son identité, son contexte de découverte et son arrivée au musée. La scénographie réussit à créer une atmosphère contemplative qui invite à la réflexion sur notre rapport à la mort et à l’éternité. On apprend ainsi énormément sur la diversité des pratiques de momification. Les modules consacrés aux techniques scientifiques modernes (ADN ancien, analyses isotopiques, imagerie 3D) sont passionnants et montrent comment ces corps continuent de livrer leurs secrets millénaires.

Dommage :

Pas grand-chose à reprocher à cette exposition instructive et respectueuse, qu’on pourra même visiter avec des enfants dès 9 ans, lesquels bénéficient de cartels dédiés et d’un livret gratuit conçu comme un quiz pour découvrir son « profil d’éternité ». M.B.

Du 19 novembre 2025 au 25 mai 2026

www.museedelhomme.fr

« Gerhard Richter » à la fondation Louis Vuitton

Vue du triptyque « Faust » à l’exposition « Gerhard Richter » à la fondation Louis Vuitton, Paris

Vue du triptyque « Faust » à l’exposition « Gerhard Richter » à la fondation Louis Vuitton, Paris, 2025

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Le pitch :

Après David Hockney, c’est à un autre géant de la peinture contemporaine que la fondation Vuitton consacre son nouveau blockbuster. En 275 œuvres provenant d’une centaine de prêteurs, six décennies de création de Gerhard Richter sont retracées, depuis ce qui est considéré comme sa toute première toile, réalisée en 1962 après son passage en Allemagne de l’Ouest (Tisch), jusqu’à ses quatre ultimes peintures formant la série « Birkenau » de 2014, tandis que sont aussi montrés ses plus récents travaux dessinés sur papier ou recourant à l’outil numérique, ainsi que ses aquarelles.

Ce qu’on a aimé :

En rassemblant de façon chronologique ce travail si riche, qui aborde tant de genres (portraits, paysages, natures mortes…) et d’approches (abstraction, peintures d’après photographies, et même installations…), le parcours permet de saisir, dans son évolution, toute son extrême cohérence. Témoignant des multiples expérimentations de Richter, il révèle les différents dialogues animant son geste, que ce soit avec les maîtres du passé – de Titien à Vermeer en passant par le romantisme allemand –, l’histoire récente ou encore sa propre intimité. Nombreux sont les chefs-d’œuvre qui se succèdent, illustrant les questionnements et recherches de l’artiste célèbre pour son usage du flou : la sombre série « 18 octobre 1977 » consacrée aux membres de la Fraction armée rouge et venue du MoMA de New York, son interprétation des images du 11 septembre 2001, ses tableaux abstraits tels que la sublime série « Cage » dédiée au compositeur avant-gardiste, les portraits de sa fille Betty, mais aussi ses nuanciers XXL et ses bandes de couleurs hypnotiques, ses marines contemplatives, ou encore son iconique Bougie qui orne la pochette de l’album Daydream Nation de Sonic Youth.

Dommage :

Malgré son étourdissante densité, il n’y a rien à reprocher à cette immense rétrospective qui parvient toujours à traduire le renouvellement d’une œuvre et permet de se plonger dans les fascinantes explorations de ce brillant faiseur d’images si saisissantes. M.C.

Du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026

www.fondationlouisvuitton.fr

« Georges de La Tour. Entre ombre et lumière » au musée Jacquemart-André

Vue de « La Femme à la puce » à l’exposition « Georges de La Tour. Entre ombre et lumière » au musée Jacquemart-André à Paris

Vue de « La Femme à la puce » à l’exposition « Georges de La Tour. Entre ombre et lumière » au musée Jacquemart-André à Paris, 2025

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© Culturespaces / Photo Nicolas Héron

Le pitch :

Le musée Jacquemart-André remet en lumière l’énigmatique Georges de La Tour, peintre lorrain reconnu de son vivant puis tombé dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte au XXe siècle. Première rétrospective à lui être consacrée depuis 1997, cette exposition nous plonge dans la beauté mystérieuse de ses compositions en clair-obscur, éclairées à la lueur des bougies, qui font de lui l’un des héritiers les plus fascinants et originaux de Caravage.

Ce qu’on a aimé :

Le parcours, qui regroupe une trentaine d’œuvres de l’artiste sur la quarantaine qu’on lui connaît, permet d’apprécier le style singulier de ce maître des scènes obscures où vacillent des flammes orangées, qui subjuguent tant par la virtuosité et l’intensité spirituelle de leurs jeux d’ombre et de lumière, que par le traitement sculptural des personnages et le réalisme photographique de certains détails – d’une pupille luisante à l’extrémité d’un tison fumant, en passant par la transparence d’une feuille de papier éclairée à la chandelle. On y admire une poignée de chefs-d’œuvre tels le merveilleux Nouveau-né (fleuron du musée des Beaux-Arts de Rennes), les étonnants Job raillé par sa femme et La Femme à la puce, ainsi que La Madeleine pénitente de Washington, Le Souffleur à la pipe et Les Joueurs de dés.

Dommage :

Moins complète que les deux précédentes rétrospectives de La Tour (celles de 1972 au musée de l’Orangerie et de 1997 au Grand Palais), cette supposée succession de chefs-d’œuvre compte en réalité un certain nombre de tableaux mineurs ou signés d’autres artistes – mais pas de Caravage, prédécesseur pourtant central –, alors que plusieurs toiles importantes du maître manquent à l’appel : Le Tricheur à l’as de carreau du Louvre, son pendant du Kimbell Art Museum, La Diseuse de bonne aventure du Met, l’exceptionnel Saint-Joseph charpentier du Louvre, La Madeleine à la veilleuse du Louvre, ainsi que celle de Los Angeles. Leur présence aurait fait oublier l’autre point noir du parcours : les salles bien trop petites et biscornues, inadaptées à l’affluence et indignes de la qualité des œuvres – de surcroît mal positionnées, comme Le Nouveau-né, star de l’exposition, placé dans un coin. Une visite frustrante pour un sujet en or… J.B.

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Georges de La Tour. Entre ombre et lumière

Du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026

www.musee-jacquemart-andre.com

« Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén » au Grand Palais

Vue de l’exposition « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » au Grand Palais, avec le Centre Pompidou, Paris

Vue de l’exposition « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » au Grand Palais, avec le Centre Pompidou, Paris, 2025

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© Centre Pompidou / Photo Hervé Véronèse

Le pitch :

Pour célébrer sa réouverture à l’été 2025, le Grand Palais rend un hommage vibrant à l’amitié et à la collaboration artistique entre le couple mythique formé par Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, et le commissaire suédois Pontus Hultén. Sculptures animées, installations monumentales et archives inédites illustrent la créativité débridée des artistes, leur goût de l’expérimentation et de la provocation, tout en mettant en lumière le rôle moteur de Hultén dans leur reconnaissance internationale. 

Ce qu’on a aimé :

Des fameuses « Nanas » de Niki aux machines folles de Jean, on se régale devant l’abondance d’œuvres emblématiques et la diversité des formes, du monumental au format miniature ! Le tout est rythmé par une scénographie qui convoque la fantaisie, l’humour et l’énergie. Les archives et correspondances dévoilent la richesse humaine et intellectuelle du trio, rendant le parcours plus intime tout en insistant sur la radicalité des œuvres.

Dommage :

Certaines œuvres semblent bien sages dans l’immensité du Grand Palais. C’est le cas de Hon/Elle, cette Nana géante, joyeuse et déroutante de 28 mètres de long dans laquelle Niki de Saint Phalle avait fait pénétrer le public au Moderna Museet de Stockholm en 1966. N’aurait-il pas été merveilleux de réactiver cette pièce ? L’enfilade de salles (ça n’en finit plus !) fragmente le récit et dilue l’énergie des œuvres. On regrette aussi l’absence de réflexion sur l’héritage contemporain de ces immenses artistes. M.B.

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Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén

Du 20 juin 2025 au 4 janvier 2026

www.grandpalais.fr

« John Singer Sargent. Éblouir Paris » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « John Singer Sargent.  Eblouir Paris » au musée d’Orsay à Paris, avec au premier plan son huile sur toile « Le Docteur Pozzi dans son intérieur »

Vue de l’exposition « John Singer Sargent. Eblouir Paris » au musée d’Orsay à Paris, avec au premier plan son huile sur toile « Le Docteur Pozzi dans son intérieur », 2025

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© Musée D’Orsay / Photo L. Striffling

Le pitch :

Plus de 90 œuvres de John Singer Sargent racontent la décennie décisive (1874–1884) du grand portraitiste américain dans la capitale française, de sa fulgurante ascension parmi l’élite parisienne, jusqu’au scandale de Madame X qui précipita son départ pour Londres.

Ce qu’on a aimé :

Dès les premières salles, l’éblouissement opère. Peintures, études et carnets révèlent la quête esthétique et l’audace technique d’un artiste, fasciné par la lumière, les étoffes et les visages de la Belle Époque. On a plaisir à voyager avec Sargent de l’île de Capri à Tanger… Le clou de l’expo tient dans une grande salle où la magnificence des portraits ne peut que frapper. Du portrait du Docteur Pozzi aux Filles d’Edward Darley Boit – remarquable prêt du musée des Beaux-Arts de Boston – se révèle la virtuosité entre réalisme et élégance de Sargent, l’un des plus brillants coloristes de son temps. La scénographie raffinée offre au visiteur de sublimes face-à-face avec des chefs-d’œuvre rarement montrés en France, tel le sulfureux Portrait de Madame X, objet de tous les scandales.

Dommage :

On apprend que Sargent côtoie Monet, Renoir, Paul César Helleu… Certes, mais on pourra regretter le manque de confrontation directe avec des contemporains (hormis son maître Carolus-Duran et sa Dame au gant), ce qui éclipse un peu le dialogue artistique de l’époque. Volontairement centré sur la période parisienne de l’Américain, le propos peut sembler hermétique pour qui ne connaît pas les autres volets de sa carrière, en particulier ses portraits à Londres et aux États-Unis. Le choix d’œuvres, bien que brillamment sélectif, laisse quelques lacunes sur la diversité d’expression de Sargent, notamment le volet du plein air. M.B.

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John Singer Sargent. Éblouir Paris

Du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026

www.musee-orsay.fr

« Pekka Halonen » au Petit Palais

« Pekka Halonen, un hymne à la Finlande » au Petit Palais

« Pekka Halonen, un hymne à la Finlande » au Petit Palais, 2025

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Le pitch :

Le Petit Palais poursuit son exploration des maîtres européens modernes originaires notamment du nord : après le Finlandais Albert Edelfelt en 2022, c’est au tour de son compatriote Pekka Halonen (1865–1933) d’être mis à l’honneur. En partie chronologique, le parcours dévoile sa formation à Paris auprès d’artistes académiques et de Paul Gauguin, puis sa participation au pavillon finlandais lors de l’Exposition universelle de 1900, son attrait irrésistible pour les scènes de la vie quotidienne, et enfin ses paysages de neige, explorés jusqu’à l’abstraction.

Ce qu’on a aimé :

Quelle belle découverte ! En consacrant à Pekka Halonen sa toute première rétrospective française, le Petit Palais prouve encore une fois son talent pour mettre en lumière les artistes méconnus de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Finlandais pur jus, peignant sa patrie avec un pinceau sobre mais fier, Pekka Halonen voit ici son art défendu par une superbe réunion d’œuvres, orchestrée en partenariat avec le plus important musée de Finlande, l’Ateneum, et magnifiquement mis en valeur : la scénographie multiplie les surprises, avec l’évocation architecturale du pavillon finlandais de 1900, la reconstitution grandiose de l’atelier de l’artiste, mais aussi cinq parfums immersifs, pour se plonger dans l’odeur des maisons en bois ou de la neige…

Dommage :

Si nous en avons adoré l’ambition et la séduction sensorielle, certains visiteurs pourront être gênés par cette scénographie très théâtrale. Mais la dernière salle, celle qui réunit sans aucun artifice les peintures de neige, saura rendre les puristes à une contemplation sans distraction. M.C.-L.

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Pekka Halonen. Un hymne à la Finlande

Du 4 novembre 2025 au 22 février 2026

www.petitpalais.paris.fr

« 1925–2025. Cent ans d’Art déco » au musée des Arts décoratifs (MAD)

Mobilier exposé à « 1925-2025. Cent ans d’Art déco » au musée des Arts Décoratifs

Mobilier exposé à « 1925–2025. Cent ans d’Art déco » au musée des Arts Décoratifs, 2025

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© Photo Christophe Dellière

Le pitch :

À l’occasion du centenaire du mouvement Art déco, le musée des Arts décoratifs (MAD) à Paris retrace un siècle de création à travers près de 1 000 œuvres emblématiques issues de ses collections et de prêts prestigieux. Le parcours, à la fois chronologique et thématique, met en lumière la diversité des expressions : mobilier, joaillerie, affiches, objets, mode et l’iconique Orient-Express reconstitué en grandeur nature.

Ce qu’on a aimé :

Quelle richesse ! Un panorama aussi exhaustif impressionne et captivera à coup sûr tout amateur d’arts décoratifs. On apprécie les reconstitutions à l’image du spectaculaire bureau-bibliothèque de Pierre Chareau, conçu pour l’Ambassade française lors de l’Exposition internationale de 1925. Les amateurs de joaillerie sont aussi particulièrement gâtés avec la présentation de mirifiques bijoux Cartier. Les focus sur Jacques-Émile Ruhlmann, Eileen Gray et Jean-Michel Frank illustrent bien l’éventail du mouvement Art déco, du luxe au minimalisme élégant, ce qui confère toute sa pertinence à l’Art déco aujourd’hui. Au niveau 0 du parcours, la présentation immersive de l’Orient-Express est le grand temps fort, entre histoire, rêve et prouesse : embarquement immédiat !

Dommage :

La circulation – du 2e au 3e étage, d’abord à droite, puis à gauche, avant de redescendre dans la nef pour admirer l’Orient Express – n’est pas des plus plaisante. La densité de l’accrochage peut donner le sentiment d’un parcours parfois surchargé, qui exige du visiteur du temps et de la disponibilité pour tout apprécier. Comme souvent dans les grandes expositions du musée des Arts décoratifs, l’abondance même de chefs-d’œuvre nuit à leur mise en valeur et à l’intelligibilité globale de l’exposition. Le propos aurait aussi gagné à être davantage contextualisé pour les non-initiés. M.B.

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1925-2025. Cent ans d’Art déco

Du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026

madparis.fr

« Jacques-Louis David » au Louvre

Vue de l’exposition « Jacques-Louis David » au musée du Louvre à Paris, avec au premier plan son huile sur toile « Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard »

Vue de l’exposition « Jacques-Louis David » au musée du Louvre à Paris, avec au premier plan son huile sur toile « Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard », 2025

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Le pitch :

À l’occasion du bicentenaire de sa mort, le musée du Louvre met à l’honneur un monument de la peinture française : l’artiste néoclassique et fervent révolutionnaire Jacques-Louis David (1748–1825), dont les œuvres rigoureuses et frappantes retracent les grandes heures de la Révolution française et de l’Empire napoléonien.

Ce qu’on a aimé :

Le Louvre s’est montré à la hauteur de ce colosse, star de ses collections, en lui dédiant un parcours dense et complet, riche d’une centaine de prêts. Si le célèbre Sacre de Napoléon était impossible à déplacer en raison de ses dix mètres sur six, l’effort a été fait pour y inclure les monumentales Sabines, scène de bataille antique de cinq mètres sur quatre se référant aux dissensions qui déchirent la France au lendemain de la Révolution française – une toile exposée en face de sa première esquisse, griffonnée par l’artiste alors qu’il se trouvait en prison pendant la Terreur, après la chute de son ami Robespierre.

Tous les chefs-d’œuvre sont au rendez-vous : Le Serment des Horaces, Les Amours de Pâris et d’Hélène, L’Amour et Psyché, les trois versions de Marat assassiné (un face-à-face exceptionnel et brillamment scénographié), ses portraits de madame Récamier et de Napoléon IerPlusieurs trésors méconnus sont également présentés, comme son dessin d’après nature à la plume, encre brune et pierre noire de la tête de Marat décédé, son portrait léché et lumineux de la comtesse de Sorcy, ainsi que son immense ébauche du Serment du Jeu de paume, œuvre étonnante restée inachevée. Derrière la rigueur du néoclassicisme, qui peut aujourd’hui apparaître scolaire, se dévoile au contraire un artiste audacieux, pris dans la fougue de son engagement politique, et avant-gardiste par son épure géométrique, radicale et dramatique, scandée de lignes nettes et sculpturales éclairées par une lumière froide et rationnelle – un style d’une efficacité implacable, en rupture totale avec le rococo de l’Ancien Régime.

Dommage :

Rien à redire face à cette majestueuse rétrospective ! J.B. 

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Jacques-Louis David

Du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026

www.louvre.fr

« M. C. Escher » à la Monnaie de Paris

« M.C. Escher » à la Monnaie de Paris

« M.C. Escher » à la Monnaie de Paris, 2025

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Le pitch :

Pour la première fois à Paris, l’artiste hollandais Maurits Cornelis Escher (1898–1972), as des illusions labyrinthiques et des perspectives impossibles, a droit à une grande rétrospective – et pas des moindres, l’exposition réunissant plus de 200 œuvres !

Ce qu’on a aimé :

Spectaculaire dès l’entrée, ludique, immersive et foisonnante, l’exposition rend justice au génie de cet artiste insolite et virtuose, de ses débuts méconnus en Italie – avec des chefs-d’œuvre comme Le Deuxième Jour de la Création (1925) qui évoque la puissance de Félix Vallotton – à ses images les plus célèbres, comme Lien (1956), et bien sûr ses fascinantes architectures illogiques truffées d’escaliers sans queue ni tête. Gravures de Piranèse, motifs de l’Alhambra de Grenade, objets mathématiques… L’exposition décortique bien les différentes influences d’Escher, ainsi que sa postérité, des détournements de ses œuvres dans les seventies à quelques extraits de films (qui auraient cependant pu être plus nombreux et passés avec le son) montrant comment l’artiste a nourri la pop culture, jusqu’au décor culte de la série sud-coréenne Squid Game (2021).

Dommage :

Amateurs de dessin ancien et contemporain, geeks fans de jeux d’optique et de casse-tête mathématiques : Escher fédère les publics les plus divers. L’exposition est donc victime de son succès, et on y joue des coudes, quitte à renoncer à savourer la finesse des détails des gravures, et à certaines expériences immersives ou interactives. Et bien que ces dernières soient plaisantes, certaines d’entre elles, comme « la salle de la relativité », surfent sur le succès des musées d’illusions d’optique en s’éloignant un peu trop d’Escher, devenu prétexte à une attraction commerciale – et très chère : 19 euros l’entrée standard… Assortie d’un cartel invitant aux selfies et aux hashtags, « l’Infinity room » tapissée de miroirs cartonne, mais plagie sans la citer l’artiste japonaise Yayoi Kusama. J.B.

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Maurits Cornelis Escher

Du 15 novembre 2025 au 1 mars 2026

www.monnaiedeparis.fr

« Soulages, une autre lumière » au musée du Luxembourg

Vue de l’exposition « Soulages, une autre lumière » au musée du Luxembourg à Paris

Vue de l’exposition « Soulages, une autre lumière » au musée du Luxembourg à Paris, 2025

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© GrandPalaisRmn, 2025 / Photo Didier Plowy / presse

Le pitch :

Après la grande rétrospective que lui a consacrée cet été le musée Fabre de Montpellier (la première depuis sa mort), Pierre Soulages est à nouveau à l’honneur cet automne, cette fois-ci au musée du Luxembourg. Celui-ci choisit de se concentrer sur ses œuvres sur papier et réunit 130 d’entre elles, réalisées depuis les années 1940, jusqu’à ce que, en 2004, Soulages décide de ne plus jamais travailler sur papier.

Ce qu’on a aimé :

Voir Soulages sur papier, c’est remonter à la source de ses réflexions sur l’abstraction, notamment à travers son travail au brou de noix, un colorant utilisé pour le bois. L’exposition revient ainsi sur quelques-uns des moments les plus importants du début de la carrière de l’artiste – comme l’exposition d’artistes français « Französische abstrakte Malerei », montrée dans différentes villes d’Allemagne en 1948, et dont Soulages, malgré son jeune âge, fait l’affiche. Deux documentaires vidéo ponctuent le parcours, donnant à voir l’artiste à deux moments différents de sa vie. Malgré la thématique resserrée de l’exposition, c’est donc bel et bien le grand Soulages que l’on rencontre, et dans les secrets duquel on entre, lui qui a si bien et si généreusement su parler de son œuvre.

Dommage :

130 œuvres sur papier dont 25 inédites… La réunion est presque trop copieuse, et certaines œuvres s’alignent, répétitives, sans attraper vraiment le regard. On aurait préféré en voir moins ; un accrochage plus clairsemé aurait participé, nous semble-t-il, à une meilleure appréciation de ces œuvres abstraites qui n’ont, au fond, pas besoin d’être montrées en si grand nombre. M.C.-L.

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Soulages, une autre lumière. Peintures sur papier

Du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026

« Exposition générale » à la fondation Cartier

Vue de l’« Exposition Générale » à la nouvelle Fondation Cartier pour l’art contemporain : œuvres des artistes Cai Quo-Qiang, Mario Merz et Panamarenko (de gauche à droite)

Vue de l’« Exposition Générale » à la nouvelle Fondation Cartier pour l’art contemporain : œuvres des artistes Cai Quo-Qiang, Mario Merz et Panamarenko (de gauche à droite), 2025

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© Photo Cyril Marcilhacy

Le pitch :

Fermée il y a quelques mois boulevard Raspail, la fondation Cartier rouvre place du Palais-Royal, dans l’ancien bâtiment du Louvre des antiquaires, revu et corrigé par Jean Nouvel. La première exposition se tourne vers le passé de l’institution, et retrace 40 années d’expositions, depuis sa création en 1984 jusqu’à l’ultime invitée du boulevard Raspail, Olga de Amaral.

Ce qu’on a aimé :

Si, comme nous, vous vivez d’art et enchaînez les expositions, vous aurez l’impression très plaisante (et pas si commune) d’ouvrir un grand album de souvenirs. « Exposition générale » raconte les intérêts très divers de la programmation de la fondation Cartier au fil des années, faisant entrer dans la même ronde la cinéaste et plasticienne Agnès Varda, l’agence d’architecture indienne Studio Mumbai, l’hyperréaliste Ron Mueck, le photographe malien Malick Sidibé, l’explosif Cai Guo-Qiang (récemment auteur d’une inoubliable performance pyrotechnique sur la façade du Centre Pompidou), le céramiste mexicain Gustavo Pérez… Un aperçu conséquent des 4 500 œuvres de la collection, qui investit les cinq étages du bâtiment (8 500 m2 en tout) – à observer tout autant que l’exposition, car c’est lui la seule véritable nouveauté.

Dommage :

L’exercice mémoriel, s’il est fort en émotions (à ceux qui ont bien connu la fondation, il inspirera bien des sourires et des vertiges, notamment devant des œuvres vues il y a dix, vingt ans…), est aussi délibérément fourre-tout. Bordélique, diront certains, sans fil rouge autre que celui de la collection, et avec nombre de voisinages un peu loufoques, quitte à brouiller la lecture des œuvres, à en faire de simples marqueurs de l’histoire de la fondation Cartier. Mais celle-ci a toujours été un peu à part dans le paysage des fondations privées ; elle persiste et signe avec ce panorama éclectique et sensible, émotionnel et bigarré, non dénué de joie. M.C.-L.

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Exposition générale

Du 25 octobre 2025 au 23 août 2026

www.fondationcartier.com

« Minimal » à la Bourse de Commerce

Vue de l’exposition « Minimal » à la Bourse de Commerce

Vue de l’exposition « Minimal » à la Bourse de Commerce, 2025

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Coll. Pinault, Paris • © Tadao Ando Architect & Associates / Niney et Marca Architectes / Agence Pierre-Antoine Gatier / Photo Nicolas Brasseur

Le pitch :

La Bourse de Commerce met à l’honneur l’art minimal, mouvement phare des années 1960 et 1970. Né aux États-Unis en réaction à l’expressionnisme abstrait, il a essaimé aussi bien en France qu’au Japon. Le parcours, qui rassemble un grand nombre d’œuvres de la collection Pinault, s’enrichit de prestigieux prêts provenant de la Dia Art Foundation, dont la directrice, Jessica Morgan, assure le commissariat de l’exposition.

Ce qu’on a aimé :

L’exposition offre une grande (et superbe) traversée de ce mouvement culte de l’art contemporain qui ne se limite pas aux seules figures imposées – Donald Judd, Dan Flavin, Carl André et consorts…  Le parcours élargit les horizons et s’autorise ainsi des détours bienvenus du côté du Japon ou encore de l’Amérique latine. Il fait aussi la part belle aux femmes emblématiques du mouvement, trop longtemps occultées, comme Agnes Martin, Lygia Pape, ou encore Meg Webster, qui investit à 81 ans le vaste espace de la rotonde avec ses œuvres monumentales (et pour certaines odorantes) en végétaux séchés, en cire d’abeille ou en sel.

Dommage :

C’est un sans-faute. Dans un monde saturé d’images et de sollicitations en tout genre, cette exposition fait un bien fou, car elle nous invite à nous reconnecter à l’essentiel – à l’espace, la matière, la lumière… I.B.

Du 8 octobre 2025 au 18 janvier 2026

www.pinaultcollection.com

« Kandinsky et la musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris

Vue de l’exposition « Kandinsky, la musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris, lors du vernissage

Vue de l’exposition « Kandinsky, la musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris, lors du vernissage, 2025

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© Photo Joachim Bertrand

Le pitch :

Vassily Kandinsky associait chaque couleur à une tonalité musicale et concevait ses tableaux comme des partitions vivantes. Cette exposition explore la profonde influence de la musique sur l’œuvre du maître de l’abstraction, réunissant près de 200 œuvres et objets issus de son atelier dans une scénographie immersive.

Ce qu’on a aimé :

Une réussite ! Cette mélodieuse proposition orchestrée, de concert, par le Centre Pompidou et la Philharmonie de Paris séduit par la richesse de son approche sensorielle et la qualité de la mise en scène savamment colorée, rendant hommage à la force synesthésique de Kandinsky. L’alliance entre les chefs-d’œuvre et les extraits musicaux diffusés dans le casque audioguide du visiteur offre une expérience totale, accessible aussi bien aux spécialistes qu’aux néophytes.

Dommage :

Dans cette symphonie, peu de bémols. Le parcours sonore, s’il enrichit indéniablement l’expérience, pourra peut-être en distraire certains du face-à-face avec la peinture. La démonstration, brillante, frôle le systématisme : fallait-il vraiment à ce point illustrer les correspondances entre couleurs et sons ? Kandinsky lui-même n’était-il pas plus intuitif que ses propres théories ne le laissent penser ? M.B.

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Kandinsky, la musique des couleurs

Du 15 octobre 2025 au 1 février 2026

philharmoniedeparis.fr

« L’Empire du sommeil » au musée Marmottan Monet

Vue de l’exposition « L’Empire du sommeil » au musée Marmottan Monet, Paris

Vue de l’exposition « L’Empire du sommeil » au musée Marmottan Monet, Paris, 2025

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© Photo Studio Christian Baraja SLB

Le pitch :

À travers un parcours d’environ 120 œuvres, le musée Marmottan Monet explore le thème ô combien fertile du sommeil à travers l’histoire de l’art. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est une première ! Les musées s’étaient certes intéressés au rêve (au musée des Confluences de Lyon par exemple l’année dernière ou au musée du Luxembourg en 2014), mais jamais à cet état transitoire, synonyme de repos bienfaisant, mais aussi de trouble, de vulnérabilité, d’abandon, de mort… Laura Bossi, neurologue et historienne des idées, explore le sujet de la Renaissance au XIXe siècle, avec quelques occurrences contemporaines.

Ce qu’on a aimé :

Un corpus d’œuvres très varié, provenant d’approximativement 70 collections différentes avec des chefs-d’œuvre comme Psyché et l’Amour de Simon Vouet (1650), la Somnambule de Gustave Courbet (1855), Le Sommeil d’Endymion de Girodet (1808)  ou Les Yeux clos d’Odilon Redon (1890). Mais aussi de vraies pépites comme ce petit tableau d’Édouard Vuillard, La Berceuse (1894), Un lit défait de Delacroix (1824), un bienheureux bébé aux joues roses de Monet (vers 1868), Lycidas (1796–1799) de Johann Heinrich Füssli ainsi que des variations autour de son mythique Cauchemar, ou encore la série onirique mettant en scène les aventures d’un gant de Max Klinger… L’exploration est riche et érudite ! Tout comme le superbe catalogue édité à l’occasion.

Dommage :

Le sujet est si beau qu’il mériterait le double d’espace et pourrait couvrir davantage le XXe siècle, notamment avec les surréalistes… Avec une telle densité d’œuvres, la scénographie gagnerait aussi en élégance avec des cimaises aux coloris moins vifs et à l’accrochage plus aéré. Concernant les cartels, certains concepts mériteraient une distance critique. C’est le cas des dormeuses dévoilées par des faunes et des « belles endormies » dont l’érotisation interroge forcément à l’ère #MeeToo, ou bien des fameuses « hystériques » du professeur Charcot présentées sans davantage de mise en perspective historique. F.G.

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L’empire du sommeil

Du 9 octobre 2025 au 1 mars 2026

www.marmottan.fr

« Amazônia. Créations et futurs des peuples autochtones » au musée du quai Branly – Jacques Chirac

Vue de l’exposition « Amazônia. Créations et futurs autochtones » au musée du quai Branly

Vue de l’exposition « Amazônia. Créations et futurs autochtones » au musée du quai Branly, 2025

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© Musée du quai Branly – Jacques Chirac / Photo Léo Delafontaine

Le pitch :

L’Amazonie n’est pas qu’un écrin de nature vierge : plus de 300 peuples y vivent sur sept millions de km². À travers plus de 200 objets, photographies, vidéos et installations, le musée du quai Branly confronte ses collections aux savoirs et aux regards autochtones pour raconter un territoire culturel autant que géographique. Un monde vaste où les langues, les cosmologies et les manières d’habiter la Terre composent une constellation de réalités.

Ce qu’on a aimé :

On est immédiatement happé par la richesse visuelle et sensorielle de l’exposition. Le parcours déploie mythes fondateurs, rituels et savoirs pour décentrer notre regard et interroger notre héritage colonial. Malgré des siècles de domination et de tentatives de « civilisation », les peuples autochtones continuent de transmettre et réinventer leurs modes d’existence. Par leurs créations et leurs connaissances, ils dessinent d’autres futurs possibles, pluriels, en rupture avec la promesse d’un destin global uniforme. En fil rouge de l’accrochage, la série documentaire « Amazonie, archéologie de la forêt » montre, à travers une collaboration étroite entre chercheurs et communautés locales, comment la présence humaine a façonné la forêt sur le long terme.

Dommage :

La densité du propos, si stimulante, peut aussi perdre certains visiteurs. Entre la profusion d’images, de cartels et de niveaux de lecture, il faudrait revenir plusieurs fois pour tout absorber. Le risque est grand de survoler des éléments pourtant passionnants. Une médiation plus resserrée, ou quelques respirations supplémentaires, auraient permis d’apprécier pleinement la richesse du parcours. J.C.

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Amazônia. Créations et futurs autochtones

Du 30 septembre 2025 au 18 janvier 2026

www.quaibranly.fr

« Migrations et climat. Comment habiter notre monde ? » au palais de la Porte-Dorée

Vue de « Baden Baden Satellite Reef – Toxic Reef » de Christine and Margaret Wertheim pour l’exposition « Migrations et climat » au Palais de la Porte Dorée à Paris

Vue de « Baden Baden Satellite Reef – Toxic Reef » de Christine and Margaret Wertheim pour l’exposition « Migrations et climat » au Palais de la Porte Dorée à Paris, 2025

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© Institute For Figuring and Museum Frieder Burda / Photo Cyril Zannettacci

Le pitch :

Pour la première fois, le palais de la Porte-Dorée mobilise l’ensemble de ses espaces – le musée national de l’Histoire de l’immigration et l’Aquarium tropical – pour une exposition mêlant art et science. Celle-ci explore les liens entre déplacements humains et bouleversements environnementaux, tout en s’intéressant aux migrations animales, en particulier marines. Des œuvres anciennes et contemporaines (peintures, photographies, vidéos, installations…) interrogent notre capacité, en tant que société, à habiter le monde à l’heure où le réchauffement climatique reconfigure les territoires et nos mobilités.

Ce qu’on a aimé :

Le commissariat général de Bruno Girveau, épaulé par les conseillers scientifiques François Gemenne et Sylvie Dufour, produit un équilibre rare : l’art rend les idées scientifiques sensibles, et la science clarifie ce que montrent les œuvres. L’accrochage embrasse de multiples réalités, de la Vendée à Mayotte, du Mékong au Soudan du Sud, avec un détour historique par les images saisissantes du Dust Bowl américain. Lier migrations humaines et non humaines s’avère par ailleurs particulièrement pertinent, rappelant l’impact du changement climatique sur d’innombrables espèces. La diversité des formes – installations, peintures, photographies, BD, illustrations (dont celles de Claude Ponti !), cinéma – maintient un rythme juste. Mention spéciale aux installations de Lucy + Jorge Orta, dont Antarctic Village – No Borders est un véritable plaidoyer poétique pour un droit universel à la libre circulation.

Dommage :

Pas grand-chose à reprocher : malgré la densité du propos, le parcours reste lisible et intelligemment articulé. Une exposition exigeante, sans jamais perdre son public. J.C.

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Migrations et climat

Du 17 octobre 2025 au 5 avril 2026

www.palais-portedoree.fr

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