Le temple parisien de la musique et de la danse va bientôt faire peau neuve. Mardi 2 septembre après-midi, la ministre de la Culture Rachida Dati a présenté, lors d’une conférence de presse organisée dans le foyer panoramique de l’Opéra Bastille, des détails supplémentaires relatifs au grand projet de rénovation des quatre sites de l’Opéra national de Paris (dirigé par Alexander Neef), dont les mythiques opéra Garnier et opéra Bastille. Baptisée « Nouvelle Ère, Nouvel Air », l’entreprise inclut notamment le lancement dès cet automne, pour Bastille, d’un concours international d’architecture.
L’opéra Bastille, grand théâtre moderne de 2 715 places imaginé par l’architecte d’origine canadienne et uruguayenne Carlos Ott – l’une des plus grandes salles d’opéra au monde, qui accueillerait environ un demi-million de spectateurs par an sur les 800 000 annuels de l’Opéra national –, devrait fermer à partir du milieu de l’année 2030 (près de 40 ans après son inauguration en 1989), pour dix ans de travaux.
Un concours international d’architecture

Rachida Dati, ministre de la culture, présente le projet « Nouvelle Ère, Nouvel Air » de l’Opéra de Paris, 2 septembre 2025
© Jeanne Accorsini / MC / Sipa
D’un coût estimé à 400 millions d’euros, ce chantier débutera par deux ans de travaux « lourds » sur les équipements scéniques de Bastille, parmi lesquels la scène elle-même, qui menacerait de « s’effondrer », selon les dires de la ministre en mai dernier. Seront également rénovés ses studios de répétition, l’étanchéité de ses toitures et terrasses, sa façade vitrée, son accessibilité et sa consommation énergétique, afin de répondre aux nouvelles exigences écologiques.
Mais cette rénovation ne sera pas seulement technique : pour rendre Bastille « plus familier », « accessible », « vivant » et « ouvert sur la ville », et en faire un « véritable lieu de vie », les 4 600 mètres carrés d’espaces publics de ce dernier deviendront accessibles en journée grâce à de nouveaux aménagements, « une offre élargie d’ateliers, de rencontres, d’expériences immersives ou de formats participatifs », ainsi que des « espaces de convivialité et de restauration ». D’où le concours international d’architecture qui sera lancé cet automne.
Les « grands chantiers » culturels
Le palais Garnier (dont la façade est toujours en cours de restauration depuis avril 2023 – un chantier dont la fin était annoncée au départ pour 2024) fermera quant à lui ses portes de l’été 2027 à l’été 2029, afin de moderniser sa cage de scène, tout en laissant ses espaces non scéniques ouverts à la visite. Les deux autres sites de l’Opéra national, que sont les espaces logistiques et de répétition de l’École de Danse à Nanterre, et les Ateliers Berthier (entrepôt de stockage de décors construit en 1895 boulevard Berthier par l’architecte Charles Garnier, puis agrandi dans les années 1950), feront également l’objet de travaux de rénovation, notamment en ce qui concerne les toitures et l’accessibilité.

Patrick Tourneboeuf, L’Opéra Bastille, vue sur les fauteuils
© Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue
« Ce projet est la démonstration éclatante que la France est capable de porter des projets ambitieux pour que notre culture s’ancre au plus proche des citoyens sans jamais cesser de rayonner à l’international » s’est réjouie Rachida Dati, qui l’associe aux « grands chantiers » voulus par Emmanuel Macron, tels ceux de Notre-Dame de Paris et du Louvre.
Le coût du projet (tous sites confondus) est estimé à 600 millions d’euros, qui seront financés aux trois quarts par les ressources propres de l’Opéra national et de grands mécènes, dont Chanel et BNP Paribas – le quart restant étant assuré par l’État. Le ministère de la Culture ajoute que « durant toute la période des travaux, l’Opéra national de Paris continuera à présenter des opéras, ballets et concerts grâce à l’alternance d’ouverture entre les deux théâtres et une programmation hors-les-murs » – les modalités de cette dernière restant à préciser.
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