les 5 plus beaux musées de la capitale autrichienne


Vienne a de quoi donner le tournis ! Capitale d’un empire qui a régné sur l’Europe centrale pendant des siècles, elle a hérité des Habsbourg un goût du faste qui se lit dans chaque façade du Ring, tracé à la place des anciens remparts. Sous François-Joseph Ier, l’époux de l’inoubliable Sissi, la ville se rêve vitrine du pouvoir : palais, coupoles dorées et collections princières sortent de terre pour éblouir l’Europe. En 1900, Vienne s’illustre dans la modernité la plus flamboyante. Gustav Klimt, Egon Schiele, Josef Hoffmann bousculent les codes académiques, inventent un art total où peinture, mobilier et architecture ne font plus qu’un. À couper le souffle !

Aujourd’hui, la ville conserve précieusement cet héritage double, impérial d’un côté, avant-gardiste de l’autre. Plus de 100 musées y racontent et plongent les visiteurs dans cette histoire vertigineuse. Impossible de tous les arpenter en un week-end, qu’il vous faudra prolonger. Beaux Arts a donc sélectionné pour vous cinq adresses qui condensent la crème de la culture viennoise.

Le Kunsthistorisches Museum : le Louvre autrichien

Façade du Kunsthistorisches Museum à Vienne

Façade du Kunsthistorisches Museum à Vienne

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Impossible de visiter Vienne sans pousser les portes de ce palais dressé face à son jumeau, le Naturhistorisches Museum. Bâti pour loger les collections que les Habsbourg ont amassées durant six siècles de règne, le Kunsthistorisches Museum rivalise clairement avec notre Louvre parisien. Sous sa coupole vertigineuse, la plus grande collection de Brueghel au monde déploie douze tableaux, dont la vertigineuse Tour de Babel et les frissonnants Chasseurs dans la neige. Non loin, Vermeer, Raphaël, Titien, Rubens, Vélasquez et la fameuse salière en or de Cellini complètent un fonds muséal hors norme, l’un des plus riches d’Europe.

Conseil pratique :

Réservez au moins trois heures pour la visite, et filez tôt le matin vers la salle Brueghel avant l’afflux des groupes touristiques.

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Kunsthistorisches Museum

Le Belvédère, au sommet de l’art en trois lieux

Salle d’exposition du Belvédère supérieur à Vienne abritant le tableau « Le Baiser » (1908-1909) de Gustav Klimt

Salle d’exposition du Belvédère supérieur à Vienne abritant le tableau « Le Baiser » (1908–1909) de Gustav Klimt

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Photo: Johannes Stoll / Belvedere, Vienna

Bienvenue au domaine du Belvédère ! Ses trois adresses déroulent magnifiquement huit siècles d’art autrichien. En premier lieu, le Belvédère supérieur, ancienne résidence d’été du prince Eugène de Savoie, conserve la plus grande collection de Klimt au monde, avec en vedette absolue le fameux Baiser, incandescent d’or et de couleurs. Le Belvédère inférieur organise des expositions temporaires pointues, tandis que le Belvédère 21 ouvre un dialogue avec l’art contemporain. Entre les deux palais baroques, inscrits sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO, un jardin somptueux où Marie-Antoinette célébra jadis ses fiançailles avec le futur Louis XVI.

Conseil pratique :

Réservez votre billet en ligne pour admirer Le Baiser, la file s’étire vite dès l’ouverture, et gardez du temps pour flâner dans les jardins en fin de visite, la vue sur Vienne y est superbe. Prévoyez la journée entière !

Le palais de la Sécession viennoise, l’émouvante frise de Beethoven par Klimt

« Frise de Beethoven » (1902) de Gustav Klimt visible dans le Palais de la Sécession viennoise

« Frise de Beethoven » (1902) de Gustav Klimt visible dans le Palais de la Sécession viennoise

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En 1897, dix-neuf artistes claquent la porte du très conservateur Künstlerhaus, Klimt en tête, pour fonder la Sécession viennoise, mouvement fondateur de l’art moderne autrichien. L’architecte Joseph Maria Olbrich leur bâtit alors ce cube blanc coiffé d’une coupole de trois mille feuilles de laurier doré, provocation absolue dans la Vienne historiciste et corsetée de l’époque.

On vient ici pour admirer, au sous-sol, la Frise Beethoven de Gustav Klimt (1902) avec ses 34 mètres peints en hommage à la Neuvième Symphonie du compositeur allemand – un chœur d’anges, des figures nues et hantées, de l’or vibrionnant sur les murs. N’oubliez pas de vous saisir de l’audioguide à disposition des visiteurs qui diffuse la musique de Beethoven dans vos oreilles, l’émotion est garantie.

Conseil pratique :

Pour les pressés, c’est la visite la plus rapide à faire à Vienne, comptez une demi-heure si le temps vous manque.

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Association of Visual Artists Vienna Secession

Le MAK, un musée des arts appliqués inouï

Salle principale du MAK à Vienne

Salle principale du MAK à Vienne

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© MAK / photo : Katrin Wißkirchen

Impossible de mieux raconter l’inventivité viennoise que dans ce musée pensé à l’origine comme un pendant au Victoria and Albert Museum de Londres. Le MAK déroule cinq siècles d’arts appliqués, des chaises Thonet en bois courbé au mobilier signé Wiener Werkstätte, des verreries de Bohême, argenterie ciselée et tapis précieux, jusqu’au fameux carton préparatoire de Klimt pour la frise du palais Stoclet à Bruxelles. La collection permanente « Vienne 1900 » vient d’être réinstallée, un motif de plus pour s’y attarder. Le MAK organise aussi de très belles expositions temporaires.

Conseil pratique :

Prévoyez au moins deux heures pour contempler les magnifiques vitrines du MAK. Ne manquez pas la salle Asie conçue par l’artiste japonais Tadashi Kawamata, saisissante par sa mise en scène.

L’Albertina Museum, à l’avant-garde !

Vue extérieure de l’Albertina Museum à Vienne

Vue extérieure de l’Albertina Museum à Vienne

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Photo : Harald Eisenberger

Ici, on vient pour les fastes des Habsbourg, présents sur tout un étage, notamment avec son cabinet entièrement recouvert d’or. Mais pas seulement ! L’Albertina réunit sous un même toit les avant-gardes allemandes et autrichiennes. L’institution qui fête en 2026 ses 250 ans doit sa modernité à la collection Batliner, filant de l’impressionnisme d’Edgar Degas et Paul Cézanne jusqu’au cubisme de Pablo Picasso, en passant par l’expressionnisme, les figures du Blaue Reiter avec Vassily Kandinsky, Gabriele Münter, Ludwig Kirchner et Franz Marc, sans omettre la Nouvelle Objectivité incarnée par Rudolf Wacker, Franz Sedlacek ou Hofer. Oskar Kokoschka incarne, lui, le versant proprement autrichien de l’accrochage. Le musée conserve aussi l’un des plus riches fonds graphiques au monde, avec des dessins d’Albrecht Dürer parmi les trésors absolus de la collection.

Conseil pratique :

Après votre visite (comptez deux bonnes heures), jetez un œil au programme de l’Albertina Modern, inauguré en 2020, et à dix minutes à pied seulement, pour prolonger votre découverte vers l’art d’après-guerre et contemporain.





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