RÉCIT – Le terrain sur lequel des investisseurs saoudiens veulent construire trois parcs d’attractions a accueilli en 1987 un projet ambitieux qui voulait raconter nos contes et légendes. Il n’aura survécu que cinq ans.
Du haut de ses 35 mètres, Gargantua a fasciné autant qu’il a inquiété les visiteurs de l’éphémère Mirapolis. Symbole du «premier grand parc d’attractions français» à Cergy-Pontoise, à l’ouest de Paris, la statue abritait un parcours en nacelles qui faisait visiter le ventre du géant de Rabelais. Arrivé au sommet, le jour de l’inauguration le 20 mai 1987, le premier ministre Jacques Chirac est soudain pris d’une angoisse et se tourne vers l’architecte Anne Fourcade : «Mais si on est coincés ici, comment on s’échappe ?»
Assis dans les champs de Courdimanche, un verre à la main et un rôti dans l’autre, Gargantua a veillé pendant cinq ans sur Mirapolis. Un projet fou né de l’imagination d’Anne Fourcade, qui voulait importer le concept de parc à thème popularisé outre-Atlantique par Disneyland. Mais entre sabotage des forains et stratégie économique instable, le site n’a jamais trouvé l’équilibre et a disparu rapidement. Alors que des investisseurs saoudiens, soutenus par l’Élysée, ont jeté leur dévolu sur cette friche pour y construire trois nouveaux parcs d’attractions, dont un qui pourrait tourner autour des mangas, retour sur l’histoire tourmentée d’un rêve français pourtant très ambitieux.
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