Marchés de la viande – La consommation de veaux de boucherie diminue plus que la production – Élevages bovins lait et viande, Tendance des marchés


L’offre et la demande de viande de veau sont ralenties ces dernières semaines. La baisse de la production n’ayant pas suffi à compenser celle de la consommation, les cotations poursuivent leur baisse saisonnière. En parallèle, les coûts de production sont aussi en repli.

Entamée en début d’été, la baisse saisonnière des cours des veaux de boucherie continue sur la lancée, rapportent les dernières Tendances viande de l’Idele.

Sur la première semaine de juillet, le veau rosé clair O élevé en atelier cotait ainsi 6,72 €/kg équivalent carcasse (kg-éc) : un recul de 28 cts en quatre semaines, mais des prix supérieurs de 5 % à ceux de 2022 et de 25 % à ceux de 2021.

Les veaux rosés clair R élevés en atelier, « mieux conformés », ont perdu 29 cts sur ce même laps de temps, à 7,10 €/kg-éc, et les veaux sous la mère 7 cts, à 9,04 €/kg-éc. Tous sont restés au-dessus des cours de 2022.

Les cours des veaux gras ont entamé leur baisse saisonnière, pour la première fois depuis 2020 ( © Idele, d’après FranceAgriMer)

Cette baisse des cours s’explique par une consommation qui baisse plus vite que l’offre. La viande de veau est d’ordinaire plutôt consommée en hiver, avec des plats mijotés comme la blanquette, quand le retour des beaux jours incite plutôt aux grillades, explique l’économiste Maximin Bonnet.

Les abattages ont reculé faute de demande estivale

Les intégrateurs avaient anticipé cette baisse de la demande et « fait des mises en place prudentes dans les ateliers d’engraissement pendant l’hiver ». Si bien que les abattages de veaux de boucherie ont reculé de 6,2 % en juin par rapport à 2022, à 82 000 têtes, « poursuivant la tendance observée depuis un an ».

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Avec 539 000 veaux abattus au premier semestre, les abattages sur six mois ont reculé de 36 000 veaux /2022 et 69 000 veaux /2021. ( © Idele, d’après SPIE et Normabev)

Conséquence : la production de viande de veau s’est encore repliée en juin, à 12 000 téc (- 6,2% /2022 et – 13,6% /2021). En cumul sur six mois, elle a atteint 78 000 téc, « en très net recul » (- 8 % /2022 et – 13 % /2021).

Les coûts de production ont continué de baisser

« Point positif », poursuit Maximin Bonnet : la baisse des cours s’accompagne d’une baisse des coûts de production. Notamment, « l’accalmie constatée depuis un an sur les cours des matières premières permet une détente sur les prix des aliments d’engraissement des veaux ».

L’Ipampa (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) gaz a par ailleurs baissé de 3 % par rapport à janvier et de 2 % par rapport à juin 2022 et le pétrole Brent, d’où vient le propane utilisé dans les élevages, de 10 % par rapport à janvier et de 34 % par rapport à juin 2022.

Aux Pays-Bas, premier producteur européen et mondial de viande de veau, la demande a diminué à partir de mars et les intégrateurs ont ajusté les sorties, d’où une baisse de la production notamment liée au recul des abattages. Après plusieurs mois de stabilité, les cours ont baissé au printemps, conséquence de la moindre demande. En premier semaine de juillet, le veau pie noir néerlandais baissait de 24 cts en quatre semaines, à 5,78 €/kg-éc.



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