Le musée des Moulages, d’incroyables cires dermatologiques en plein Paris


Sans ordonnance, mais avec la précaution d’avoir pris rendez-vous par mail pour visiter son petit musée, on entre dans l’hôpital Saint-Louis. Situé dans le 10e arrondissement de Paris, celui-ci s’est spécialisé en 1801 dans le traitement des maladies dermatologiques, et conserve en son sein une collection de moulages qui raconte cette histoire tout comme celle du médecin Jean-Louis Alibert (1768–1837).

L’homme est une figure capitale dans l’histoire de la médecine : il a été médecin en chef de l’hôpital Saint-Louis, professeur à la faculté de médecine de Paris, premier médecin ordinaire des rois Louis XVIII et Charles X… Surtout, il est considéré comme le père de la dermatologie, dont il a documenté nombre d’affections.

La passion des cires anatomiques

Soucieux d’instruction, l’homme a également publié différents ouvrages. En 1863, le docteur Charles Lailler, médecin à l’hôpital Saint-Louis, prend la suite de ces ambitions pédagogiques et commande la fabrication de centaines de moulages pathologiques. L’ambition ? Donner à voir, en couleur et en volume, les dermatoses dont Alibert a établi la classification. Du nom de Jules Baretta (1834–1923), l’artisan spécialisé qui les conçoit travaille vite et bien, et le musée est officiellement inauguré en 1866.

Moulage d’un bras gauche présentant des nodules et des cicatrices dues à des injections de morphine

Moulage d’un bras gauche présentant des nodules et des cicatrices dues à des injections de morphine

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© Direction de la communication/Musée des moulages, Hôpital Saint-Louis, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

Jules Baretta a réalisé 2 500 des pièces exposées, soit un peu plus de la moitié de la collection aujourd’hui. Les cires représentent des visages, des nez, des mentons, des jambes, des mains dévorés par toutes sortes de plaies et de maladies, et peuvent être observées par des étudiants curieux comme par des visiteurs avides de sensations fortes… La scénographie vaut également le détour : les cires sont présentées dans de superbes vitrines en bois, témoignages parfaitement conservés de la conception ancienne du musée.

Des modèles aussi esthétiques qu’éducatifs

Mais ces cires pathologiques ne sont pas faciles à regarder. Comme l’explique le site des archives de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, l’usage médico-anatomique de la cire apparaît au XVe siècle et se développe au XVIIe siècle, revêtant rapidement le rôle d’une fascinante bizarrerie. Les cires étaient prisées des collectionneurs, qui les exposaient dans leurs cabinets de curiosités, « à mi-chemin entre l’objet d’art et l’objet d’éducation ».

Entrée du  musée des Moulages de l’Hôpital Saint-Louis à Paris

Entrée du musée des Moulages de l’Hôpital Saint-Louis à Paris

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© Direction de la communication/Musée des moulages, Hôpital Saint-Louis, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

Aujourd’hui, les plus spectaculaires d’entre elles se découvrent au musée d’histoire naturelle de la Specola à Florence, où elles prennent la forme de splendides jeunes femmes au ventre complètement ouvert au regard. Les Parisiens pourront quant à eux compléter leur visite du musée des Moulages par celle du musée d’Histoire de la médecine, d’une scénographie similaire et installé dans l’université de médecine (accessible sans rendez-vous). On y verra notamment un stupéfiant ensemble de moulages des maladies pouvant affecter les yeux. Mais, là encore, difficile de soutenir le regard…

Côté infos pratiques, on l’a dit, le musée des Moulages ne se visite que sur rendez-vous, du lundi au vendredi. La visite est également interdite aux enfants de moins de 12 ans.

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Musée des Moulages





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