Marchés céréaliers – Repli général des céréales et regain de volatilité sur les marchés – Grandes cultures, Tendance des marchés


Une tempête tropicale aux États-Unis, une récolte française de blé en chute, des rendements encore incertains en Russie : en dépit d’incertitudes, les marchés des céréales restaient nettement orientés à la baisse mercredi, alors que les récoltes avancent dans l’hémisphère Nord.

Les cours de toutes les matières premières agricoles ont plongé lundi à la Bourse de Chicago, sous la pression vendeuse des fonds d’investissement, précipitant le maïs à son plus bas niveau depuis quatre ans.

Les prix se sont depuis légèrement redressés, mais baissaient à nouveau mercredi, notamment sur Euronext, en dépit de prévisions désastreuses sur la récolte de blé de la France, premier producteur et exportateur européen.

La tonne de blé tendre s’échangeait autour de 221 euros la tonne sur l’échéance la plus rapprochée (septembre) sur le marché européen, son plus bas niveau depuis la fin avril.

« Aujourd’hui, le sujet des marchés, c’est : qu’est-ce qu’on va récolter? », résume Sébastien Poncelet, analyste d’Argus Media France.

Les premières réponses venues des plaines françaises ne sont guère rassurantes.

La moisson 2024 de blé tendre s’annonce en baisse de plus de 15 %, à 29,7 millions de tonnes, victime de pluies quasi continues depuis octobre et d’un manque d’ensoleillement préjudiciable aux rendements, selon les premières estimations de récolte du ministère de l’Agriculture.

Les champs boueux ou inondés dans certaines régions ont fait renoncer certains agriculteurs à semer et la baisse des surfaces cultivées est estimée à 10,7 % en blé tendre et à 7,73 % pour l’ensemble des céréales à paille (blé, orge, seigle, triticale, avoine).

Lire aussi article :  À George Town, l’art urbain étend sa toile

« La moisson d’orge progresse et les rendements sont toujours aussi mauvais, ce qui fait craindre le pire pour le blé », commente Sébastien Poncelet.

Le cabinet Agritel jugeait d’ailleurs mercredi « optimiste » l’estimation officielle des rendements en blé meunier, plusieurs courtiers jugeant désormais que la récolte pourrait se situer plutôt autour de 28 Mt, se rapprochant de la moisson catastrophique de 2016 (27,6 Mt).

Ouragan de « faible impact »

« Le marché européen est partagé entre d’une part les pressions baissières de Chicago et les prix en repli de la mer Noire, et d’autre part les inquiétudes grandissantes d’une très faible récolte française », relève M. Poncelet.

« Le blé français « price » (monétise) déjà sa rareté, avec des prix actuels élevés, de 20 à 30 dollars plus cher que le blé russe », ce qui le pénalise dans les appels d’offre internationaux, explique-t-il.

Or le cabinet spécialisé SovEcon a annoncé mardi « la plus forte baisse des prix du blé russe depuis septembre 2023 ».

Une baisse liée aux « conditions défavorables du marché mondial » avec une forte concurrence entre origines de la mer Noire, notamment avec l’Ukraine et la Roumanie, et « l’amélioration des perspectives pour la récolte de blé russe », à 84,1 millions de tonnes, selon le cabinet.

Le prix du maïs résistait mieux sur le marché européen, globalement stable autour de 215 euros la tonne ces derniers jours – les cours trouvant du soutien dans le temps sec et chaud du bassin de la mer Noire.

Lire aussi article :  Cas positif de Covid-19 dans les écoles : le protocole adapté

Aux États-Unis, l’arrivée de Béryl, ouragan affaibli en tempête tropicale, et le risque de crues soudaines dans la Corn Belt n’aurait, selon Dewey Strickler d’Ag Watch Market Advisors, qu’un impact « de courte durée » sur les transports, avec des perturbations sur le Mississippi jusqu’à la fin de semaine prochaine.

Mais finalement, l’ouragan Béryl apportera « des précipitations bénéfiques dans les régions du sud et de l’est du Midwest, où les conditions étaient jusqu’à présent trop sèches » pour le maïs comme pour le soja, souligne Jack Scoville, de Price Futures Group.

Par ailleurs, la récolte de blé « progresse à travers le Kansas – premier État américain pour la production de la céréale du pain – et elle est désormais terminée à plus de 50 % pour l’ensemble du pays », a-t-il relevé.

Les conditions de culture sont annoncées « bonnes à excellentes » à 75 % pour le blé de printemps, en nette progression par rapport à l’an dernier.

Compte-tenu des incertitudes météorologiques, la volatilité revient sur les marchés, les opérateurs attendant avec intérêt le prochain rapport de la Conab (Compagnie nationale d’approvisionnement) sur les productions de maïs et soja au Brésil, attendu jeudi, et celui du ministère américain de l’Agriculture sur les productions et stocks mondiaux, publié vendredi.





Source link