L’Opéra national de Washington exige devant les tribunaux 17 millions de dollars au Kennedy Center


Après avoir claqué la porte de la salle de spectacle en janvier, la compagnie demande la rétrocession de dons. La relation avec l’établissement qui l’hébergeait s’est dégradée suite à la reprise en main de Donald Trump.

Après la rupture, les hostilités. L’Opéra national de Washington poursuit devant les tribunaux le John F. Kennedy Center for the Performing Arts, plus connu sous le nom de Kennedy Center. D’après le New York Times, la compagnie lyrique s’estime lésée de 17 millions de dollars, suite à son départ en janvier du complexe artistique de Washington, tombé dans le giron de Donald Trump.

L’Opéra « dépose cette plainte à contrecœur afin de préserver son avenir et de protéger ses donateurs et ses artistes », ont déclaré ses avocats. Les 17 millions de dollars exigés correspondent, entre autres revenus, à des dons et aux produits de mécénat. Dans la plainte, déposée le 11 juin, ces fonds sont présentés comme « essentiels » au fonctionnement de la compagnie.


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«Fardeau financier»

Le Kennedy Center s’est inscrit en faux et inverse les rôles. En résidence dans le centre depuis les années 1970, l’Opéra national aurait accumulé 72 millions de dollars de déficit entre 2011 et 2026 vis-à-vis de la structure. En janvier, au moment de la séparation, celle-ci évoquait une « relation financièrement difficile ».

Dans un communiqué, la porte-parole Roma Daravi compare la relation passée avec la compagnie à un « fardeau financier ». D’après le New York Times, la direction du Kennedy Center s’est fixée pour objectif d’imposer uniquement des spectacles rentables. Ce qui mettrait en péril les programmations d’opéra, qui répondent à d’autres mécanismes de financement. Les déficits doivent souvent être comblés par les dons.

Campagne de dons

La situation s’est détériorée après la reprise en main du Kennedy Center par Donald Trump, en 2025, qui a entraîné la défection de nombreux artistes. Le président républicain a placé ses proches à la direction du conseil d’administration de l’institution. Il a accolé en décembre son nom à celui de son lointain prédécesseur pour la rebaptiser « Trump Kennedy Center ». Le nom a fini par être retiré, sur demande d’un juge. Depuis, le bâtiment apparaît bâché.

Après son départ, la compagnie a fait appel à la générosité des mélomanes. « Plus de 1 000 donateurs ont répondu présents, en faisant des dons en ligne, par courrier et par transfert d’actions. Ces dons variaient de 5 dollars à des dons exceptionnels de 100 000 dollars », lit-on dans une lettre d’information du mois de février. Décidé à ne pas baisser le rideau, l’établissement prend ses quartiers dans plusieurs salles de la capitale et ses alentours. On entendra, par exemple, Madame Butterfly  en novembre au DAR Constitution Hall, une salle néoclassique des années 1930.



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