L’expulsion «en urgence absolue» de l’influenceur algérien Doualemn a été annulée par le tribunal administratif de Paris


Boualem Naman, connu sous le pseudonyme de «Doualemn», avait été arrêté à Montpellier pour avoir appelé à «donner une sévère correction» à un opposant au régime algérien dans une vidéo postée sur le réseau social TikTok le 4 janvier 2025.

L’expulsion «en urgence absolue» de l’influenceur algérien Doualemn, condamné pour «incitation à la violence» sur un réseau social, a été annulée par le tribunal administratif de Paris, qui a également annulé le retrait de son titre de séjour, selon une décision consultée vendredi par l’AFP.

Boualem Naman, connu sous le pseudonyme de «Doualemn», avait été arrêté à Montpellier pour avoir appelé à «donner une sévère correction» à un opposant au régime algérien dans une vidéo postée sur le réseau social Tik Tok le 4 janvier 2025. En juillet dernier, la cour d’appel de Montpellier a confirmé le jugement en première instance, en condamnant l’influenceur de 61 ans, qui ne cache pas ses sympathies pour le gouvernement d’Alger, à cinq mois de prison avec sursis pour «incitation à la violence».


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«Le ministre de l’Intérieur a entaché sa décision d’irrégularité»

Dans son jugement, le tribunal a estimé que les éléments rapportés par le ministère de l’Intérieur «ne pouvaient suffire à démontrer que la présence de Boualem Naman, qui représente certes une menace grave pour l’ordre public (…), ferait peser un risque immédiat au point de justifier son expulsion en urgence absolue, alors qu’en outre l’autorité judiciaire n’a pas estimé utile de le placer en détention provisoire ni même sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès».

«Dans ces conditions (…) le ministre de l’Intérieur a entaché sa décision d’irrégularité», poursuit le tribunal. Le tribunal conclut ainsi que «la décision d’expulsion de M. Naman (..) doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour lui retirant son titre de séjour et fixant l’Algérie comme pays d’éloignement».

«Un pion politique», selon son avocate

Le tribunal ne s’est en revanche pas prononcé sur la demande d’annulation d’un second arrêté d’expulsion, mais qui n’invoquait pas l’urgence absolue. M. Naman peut donc toujours être potentiellement renvoyé de France. Son avocate Me Vanessa Edberg étudie la possibilité de saisir la Cour administrative d’appel, a-t-elle indiqué vendredi à l’AFP. Lors de l’audience il y a deux semaines, l’avocate avait déploré que son client ait été «utilisé comme un pion politique».

«M. Retailleau s’est précipité sans examen sérieux du dossier et s’est servi du pouvoir judiciaire à des fins politiques», avait-elle dénoncé. L’interpellation de l’influenceur avait été annoncée sur le réseau X par l’ex-ministre de l’Intérieur et actuel président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure face à Alger qu’Emmanuel Macron a récemment dénoncée.



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