Baisse de la TVA, suppression des CEE… Maud Bregeon balaie les propositions des oppositions sur les prix des carburants


«Avec quel argent Marine Le Pen finance les aides qu’elle propose ? Elle n’en a pas elle-même la moindre idée», a taclé la ministre de l’Énergie, au sujet de la baisse de la TVA sur les carburants proposée par la candidate du RN.

«Avec quel argent ?» La porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Énergie Maud Bregeon a balayé d’un revers de main ce vendredi certaines des propositions avancées par les oppositions pour faire baisser les prix des carburants. Après avoir défendu sur France Inter le choix de l’exécutif de privilégier les «aides ciblées» à destination des secteurs professionnels les plus affectés par la flambée des prix à la pompe et des Français les plus modestes, la ministre a tenu à expliquer pourquoi les autres solutions avaient été écartées.

Prenant l’exemple de la proposition du Rassemblement national (RN) d’abaisser de 20 à 5,5% la TVA sur les carburants, le fioul et le gaz, la porte-parole du gouvernement a rappelé qu’un tel dispositif coûterait pas moins de 15 milliards d’euros à l’État. Soit «plus que le budget du ministère de la Justice», a-t-elle souligné. Avant de lancer : «Avec quel argent Marine Le Pen finance les aides qu’elle propose ? Elle n’en a pas elle-même la moindre idée.»


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De manière générale, Maud Bregeon estime que la politique de la candidate du RN à l’élection présidentielle se heurte à l’ambition de la France de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles. «Quand Marine Le Pen propose de subventionner le gaz et le pétrole, mais d’arrêter les éoliennes et le photovoltaïque, elle promeut indirectement le gaz algérien, hier le gaz russe, le GNL américain et le pétrole importé du Moyen-Orient. C’est extrêmement grave et ça va à l’encontre des intérêts français», a par ailleurs martelé la ministre.

«Dispositifs d’aides ciblées, temporaires et financées»

Elle a également évoqué la proposition de Bruno Retailleau, candidat Les Républicains (LR) à l’élection présidentielle, de supprimer les certificats d’économie d’énergie (CEE) – un dispositif qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation d’énergie. Une aberration selon elle, alors que ce mécanisme «finance la transition énergétique des particuliers vers l’électricité».

Un point de vue partagé par le ministre de l’Action et des Comptes publics. Sur LCI ce vendredi, David Amiel a dit en effet préférer «travailler sur des dispositifs d’aides ciblées, temporaires et financées», plutôt que de choisir la «facilité» en annonçant des mesures qui nécessiteraient à terme d’augmenter les impôts pour être financées. En outre, une baisse généralisée des taxes reviendrait au fond à «aider des gens qui n’en ont pas besoin», «comme moi si je prenais ma voiture pour partir en week-end», a-t-il ajouté.

«En revanche, il faut aider ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller au travail», a-t-il poursuivi. Et de pointer que la dernière fois que des «aides générales» plutôt que ciblées avaient été mises en place, «cela avait coûté 7 à 8 milliards d’euros». «Et nous voyons aujourd’hui les mesures que nous sommes obligés de prendre pour pouvoir le compenser, si nous ne voulons pas avoir une avalanche de taxes demain», a-t-il conclu, faisant référence à l’effort budgétaire de 54 milliards d’euros dans le cadre du budget 2027 annoncé par le premier ministre Sébastien Lecornu dans nos colonnes jeudi soir.



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