« Les taux s’enflamment, la maison brûle »


Sous le poids d’une dette de 3 500 milliards d’euros, l’État déboursera cette année 64 milliards pour les seuls intérêts et bientôt 100 milliards.

Évidemment, l’idéal serait d’y « foutre le feu », comme le préconise Jean-Luc Mélenchon, qui se fait fort d’annuler la dette française s’il est élu. Les choses, hélas, ne sont pas aussi simplistes que le prétend l’apprenti sorcier, comme sont en train de nous le faire comprendre les marchés financiers. Depuis quelques jours, les taux d’intérêt s’enflamment partout dans le monde, signe d’une inquiétude grandissante face aux tensions géopolitiques, au retour de l’inflation et à un excès général d’endettement.

Le confort intellectuel inviterait à considérer que la France se trouve prise, ni plus ni moins, dans une tourmente qui n’épargne personne. En lui faisant payer un intérêt supérieur aux autres, y compris aux « pays du Club Med » (Italie, Grèce, Espagne…), ses créanciers lui adressent pourtant un avertissement sans ambiguïté : aux tourments du monde, nous ajoutons nos propres turpitudes, consistant à laisser filer les comptes publics depuis un demi-siècle, jusqu’à en perdre…

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