Annonce du plan Mayotte debout
; Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins
; Valérie Létard, ministre chargée du Logement et Thani Mohamed Soilihi, ministre chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux.
Le Premier ministre a annoncé la présentation d’une loi d’urgence pour Mayotte dès le 3 janvier 2025 en Conseil des ministres, suivie d’un examen au Parlement sous quinze jours.
Cette loi sera accompagnée de la création d’un Établissement public de refondation de Mayotte, sur le modèle de celui utilisé pour Notre-Dame, avec à sa tête une personnalité désignée dès le 3 janvier. Cet établissement intégrera l’actuel établissement foncier et donnera une place centrale aux élus mahorais.
Un projet de loi de refondation de Mayotte sera également élaboré dans les trois prochains mois, en concertation avec les élus, pour redéfinir l’avenir de l’archipel. Un recensement général de la population sera conduit en partenariat avec les maires pour établir une base claire et fiable des données démographiques.
Enfin, une mobilisation des fonds européens sera activée après une évaluation précise des dommages attendue pour fin janvier. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche globale pour reconstruire Mayotte, sécuriser les populations et relancer l’économie.
Ci-dessous, un récapitulatif des annonces faites par le Premier ministre dans les domaines de la sécurité, de la santé, des transports, de l’économie, et bien d’autres.
Le plan « Mayotte debout »
Plan réseaux : électricité
Des équipes seront constituées commune par commune, sous l’autorité du maire et d’un représentant d’EDM, pour repérer les ruptures de réseau basse tension et intervenir.
Ces équipes, organisées comme de véritables commandos, bénéficieront du renfort de 20 techniciens EDF dès cette semaine. Tous les artisans locaux disponibles seront également mobilisés pour contribuer au rétablissement du réseau.
Avant la fin de la semaine (6 janvier 2025), le volume de production d’eau potable d’avant le passage du cyclone Chido, soit 38 000 m³ par jour, sera rétabli. Toutefois, cette production, déjà insuffisante face à la crise de l’eau, sera renforcée grâce au plan « Mayotte Debout ».
L’objectif est d’atteindre une production de 40 000 m³ par jour avant le 30 juin 2025 et de mettre à niveau le réseau de distribution sur tout le territoire d’ici à la fin de l’année. Le plan prévoit également une augmentation des investissements, initialement fixés à 60 millions d’euros pour 2025, avec un engagement du Gouvernement à accroître les moyens selon les besoins.
Parmi les priorités : la construction d’une deuxième usine de dessalement et l’accélération de la création d’une troisième retenue collinaire.
Plan réseaux : télécommunications
Pour répondre à l’urgence, 200 dispositifs seront déployés afin d’assurer les communications essentielles.
Le réseau fixe de télécommunications ayant été largement détruit, une solution 5G couvrant l’ensemble du territoire devra être mise en place d’ici fin juin 2025. Cette solution sera définie en concertation avec les élus, dans le cadre de la loi Mayotte.
Deux questions prioritaires devront être résolues : une dérogation à la loi Littoral pour permettre l’implantation des pylônes nécessaires et la libération des fréquences indispensables à ces infrastructures.
Un plan d’urgence est lancé pour la mise hors d’eau des bâtiments publics et des habitations, avec l’acheminement cette semaine de 140 tonnes de bâches supplémentaires, couvrant 700 000 m², en complément des 100 tonnes déjà livrées.
Des éléments de charpentes métalliques et de tôles bac acier seront envoyés en urgence pour la réfection des toitures. Ces matériaux seront inclus dans la liste des produits à prix bloqué, et des ateliers locaux avec formation permettront leur fabrication sur place.
Des prêts garantis par l’État seront mis à disposition des familles mahoraises avec des taux d’intérêts bonifiés sur cinq années et le blocage du taux d’amortissement de ce prêt. Un prêt reviendra ainsi à une mensualité moyenne de 6 euros pour 1 000 euros empruntés sur trente ans.
L’État et les collectivités locales s’accordent pour interdire la reconstruction des bidonvilles, une mesure qui sera intégrée dans la loi.
La rentrée scolaire, prévue à partir du 13 janvier, se fera de manière adaptée, établissement par établissement, avec une priorité pour les classes à examen (bac, brevet, CAP).
Des tentes-écoles seront déployées cette semaine pour répondre aux besoins immédiats, et une scolarisation temporaire dans l’Hexagone sera proposée à ceux qui le souhaitent.
Les établissements actuellement utilisés comme abris pour les personnes touchées par le cyclone seront évacués, avec mise à l’abri des occupants avant des mesures spécifiques pour les personnes en situation irrégulière.
Les réparations des classes endommagées seront prises en charge par l’État, avec un relevé précis des besoins attendu cette semaine. Un appel est lancé aux communes de l’Hexagone pour fournir du matériel scolaire.
Un plan d’attractivité et de fidélisation des enseignants sera instauré, accompagné du programme Volontaires écoles Mayotte, mobilisant étudiants, retraités et enseignants volontaires avec indemnisation et validation des acquis pour les étudiants.
Une subvention de l’État soutiendra le département pour les transports scolaires.
La formation de 300 gendarmes et auxiliaires locaux débutera pour assurer des missions de sécurité une fois la crise passée.
Les moyens de la gendarmerie seront renforcés avec la création de brigades, le renfort des patrouilles aériennes et maritimes, l’utilisation de drones, et la mise en place de bases avancées pour les interceptions en mer.
Les droits des patients seront maintenus, permettant le renouvellement des traitements sans ordonnance.
La réserve sanitaire sera mobilisée, un deuxième institut de formation infirmier créé, et un plan d’attractivité pour les professionnels de santé lancé.
Des équipes mobiles de santé seront déployées pour répondre aux besoins sur le terrain, et la trésorerie des professionnels de santé sera sécurisée par une avance d’État.
Le Premier ministre a évoqué un plan de destruction et de valorisation des déchets, concernant les déchets ménagers, lourds et de biomasse.
La tour de contrôle de l’aéroport Marcel Henry sera réparée pour permettre la reprise des vols commerciaux dès le 1ᵉʳ janvier 2025.
L’État soutiendra également le rapatriement d’urgence des Mahorais bloqués hors de France à cause de la catastrophe.
Les cotisations sociales des entreprises seront suspendues jusqu’au 31 mars 2025, avec des aides financières d’urgence et un dispositif exceptionnel d’activité partielle.
Une zone franche globale exonérant toutes les entreprises pendant cinq ans sera instaurée pour relancer l’économie.
Des mesures spécifiques soutiendront les filières agriculture et pêche, incluant des aides matérielles et financières ainsi que la simplification administrative pour les importations agricoles.
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Actualité · Sécurité intérieure
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