« Quand on entre dans une forêt, il y a plein de présences invisibles tout autour de nous. Si on a la capacité de s’effacer, de se taire, d’être vraiment discret, ces présences commencent à se montrer. Petit à petit, un monde apparaît… » Depuis des années, Vincent Munier (né en 1976 à Épinal) se cache entre les arbres pour photographier et filmer les animaux sauvages.
Il en observe les traces, tend l’oreille à leurs pas, leurs chants, renifle leurs passages. « On entend beaucoup plus qu’on ne voit », explique encore celui qui passe la plupart de son temps à l’affût, et vient de voir sortir en salles, ce mercredi 17 décembre, Le Chant des forêts, son dernier long-métrage ; un film intime, tourné dans les Vosges dont il est originaire.
Un retour aux sources
Quatre ans exactement après le succès de La Panthère des neiges, tourné avec l’écrivain voyageur Sylvain Tesson, Le Chant des forêts apparaît donc comme un retour aux sources. Tout aussi élégant que le précédent, magnifiquement filmé, celui-ci entend, précise-t-il, « donner la parole aux bêtes, à la forêt », aux oiseaux et aux cerfs passés devant son objectif.

Image extraite du documentaire « Le Chant des forêts » réalisé par Vincent Munier : le réalisateur en pleine prise de vue, 17 décembre 2025
Exposé actuellement (jusqu’en avril 2026) au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, Vincent Munier raconte : « Cela fait une dizaine d’années que je filme un peu plus que je photographie », et ce film réunit un condensé de ses meilleures images, dans un récit de transmission où apparaissent également son père, Michel, et son jeune fils, Simon.
Un projet militant
Au-delà du récit intime, Munier revendique la dimension militante de son projet. Profondément troublé, martèle-t-il encore, par l’« arrogance de notre espèce par rapport à toutes les autres », l’artiste a voulu produire un film qui engage à « plus d’empathie envers le vivant ».
Ses images sublimes, d’ores et déjà saluées par la majorité de la presse, sont en tout cas promises à faire mouche. Alors que tout un chacun se prépare à entrer dans la surconsommation des fêtes de fin d’année, l’invitation à se faire un peu plus discret ne manque pas de sens…
Le Chant des forêts
Réalisé par Vincent Munier
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