Le Muséum d’Histoire naturelle dans un grave état de vétusté, alerte son président


Rien ne va plus au Muséum national d’Histoire naturelle. Alors que l’établissement parisien fête cette année ses 400 ans, son président Gilles Bloch a tiré la sonnette d’alarme le 25 mars dernier au micro de France Inter : son état de vétusté est tel que de très onéreux travaux d’urgence seraient nécessaires pour le sauver de l’effondrement. Une situation confirmée par une enquête du journal Le Monde publiée le 19 avril et illustrée de photographies préoccupantes.

Écrin d’une institution fondée au XVIIe siècle, cet ensemble de 120 bâtiments et 180 000 m², construit en grande partie aux XIXe et XXe siècles, abrite l’une des trois collections de sciences naturelles les plus riches au monde, comprenant plus de 70 millions de spécimens, dont des fossiles, des végétaux, des météorites et des insectes – un patrimoine qui attire chaque année 3,6 millions de visiteurs et de nombreux chercheurs.

De nombreux espaces fermés et fortement dégradés

Selon Gilles Bloch, 74 % du Muséum est en grave danger. « Nous avons environ 500 millions d’euros de travaux d’urgence à réaliser pour rouvrir les parties du musée fermées et pour éviter de fermer des bâtiments menacés. Mais si on veut remettre le patrimoine immobilier du Muséum aux standards d’économie d’énergies, c’est de l’ordre du milliard d’euros », a-t-il déclaré sur France Inter.

Des herbiers sont gagnés par la moisissure, des centaines d’ouvrages ont été inondés par une fuite de radiateurs, des ossements minéralisés explosent sous l’effet de la chaleur et de l’humidité.

Les visiteurs ont déjà pu le constater : plusieurs espaces sont fermés depuis des années, comme la galerie de Minéralogie, close à 90%, et le pavillon des reptiles, évacué depuis 2018. L’enquête du Monde confirme l’ampleur du désastre. Sols affaissés, étais de soutien, murs délabrés : le pavillon des reptiles, joyau patrimonial doté d’une verrière, de boiseries anciennes et d’un bassin aux crocodiles désormais à sec, apparaît en ruine. La galerie de Géologie et celle de Paléobotanique présentent des fissures béantes. Dans la serre des forêts tropicales humides, un filet pare-gravats masque la belle verrière qui présente des fragilités inquiétantes.

Des conditions de conservation et de sécurité insuffisantes

Outre le patrimoine architectural, les collections elles-mêmes sont atteintes : des herbiers sont gagnés par la moisissure, des centaines d’ouvrages ont été inondés début 2026 par une fuite de radiateurs, des ossements minéralisés de la galerie de Paléontologie explosent sous l’effet de la chaleur et de l’humidité.

Galerie de géologie et de minéralogie

Galerie de géologie et de minéralogie

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À cela s’ajoutent des conditions de travail extrêmement dégradées pour le personnel (pluie dans un laboratoire, préfabriqués où le mercure grimpe jusqu’à 48° C en été…) et des problèmes de sécurité. En effet, certains projets de rénovation reportés auraient dû intégrer une mise à niveau des dispositifs de sûreté qui aurait sans doute, selon Gilles Bloch, empêché le vol en septembre 2025 de six kilos de pépites d’or dans la galerie de Minéralogie.

L’État appelé à agir

Face à cette situation causée par un sous-investissement chronique, le président du Muséum propose d’augmenter l’investissement annuel de l’État, de façon que le Muséum dispose de 35 millions à consacrer à ses bâtiments (pour cela, il compte aujourd’hui seulement de 15 à 20 millions, dont 5 à 10 millions provenant de la subvention de l’État), ce qui permettrait selon lui de régler l’essentiel des urgences en quinze ans. Reste à savoir si, en période de disette budgétaire, le président de la République Emmanuel Macron décidera, comme pour le Louvre, de voler au secours de cet autre fleuron du patrimoine français…

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Muséum national d’Histoire naturelle





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