Un parfum de mystère flotte dans les scènes intimistes du peintre Georges de La Tour (1593–1652), saisies à la lueur de flammes vacillantes ! Ce magicien du clair-obscur attire en ce moment les foules dans une exposition temporaire au musée Jacquemart-André.
Si les visiteurs peuvent y admirer quelques merveilleux chefs-d’œuvre comme Le Nouveau-né (vers 1645), plusieurs de ses peintures importantes manquent cependant à l’appel. Parmi elles, Le Tricheur à l’as de carreau (1636–1638, musée du Louvre) et son quasi jumeau Le Tricheur à l’as de trèfle (1632, Kimbell Art Museum), mais aussi leur possible pendant : La Diseuse de bonne aventure (1635–1638), conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. Une toile dont l’histoire est aussi étrange et remplie de zones d’ombre que la scène qu’elle dépeint…
Mise en scène d’une tromperie
Inspiré d’une œuvre de Caravage portant le même titre (réalisée en 1595–1598 et conservée au Louvre) qui a été reprise avec de multiples variantes par de nombreux suiveurs du maître italien, ce tableau nous plonge avec brio au cœur d’un acte de tromperie bien ficelé. Quatre bohémiennes entourent un jeune homme richement habillé. Celui-ci vient de donner une pièce à la plus âgée, en échange d’une lecture de son avenir dans les lignes de sa main.

Le Caravage, La Diseuse de bonne aventure, 1595–1598
Huile sur toile • 99 × 131 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
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