Les récentes élections présidentielles américaines, sans doute les plus violentes jamais vues depuis la guerre de Sécession, témoignent d’une tendance planétaire : la polarisation. Planétaire, car le monde entier se voit soumis au régime des réseaux sociaux, qui favorise le binaire ; polarité, parce que les débats politiques, culturels et sociaux semblent aujourd’hui se réduire à un choix entre oui et non, Israël ou Palestine, Ukraine ou Russie, Trump ou Harris.
Le monde se rétrécit, il se réduit à la taille de Florence à l’époque de Dante Alighieri, quand il fallait choisir entre Guelfes et Gibelins, partisans du pape ou de l’empereur. Et comme l’auteur de la Divine Comédie, quiconque fait le mauvais choix au mauvais endroit se condamne à être exilé – pardon, cancellé – par la meute. Prendre la parole devient ainsi un exercice à haut risque.
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