Jusqu’à présent, le dépôt de gerbe en hommage aux mineurs était suivi d’une cérémonie à l’hôtel de ville, au cours de laquelle les organisations syndicales prenaient la parole à tour de rôle.
Le nouveau maire RN de Liévin (Pas-de-Calais) a décidé de supprimer une cérémonie organisée chaque 1er mai en mairie avec les syndicats, tout en maintenant un hommage aux mineurs, a-t-il déclaré mercredi à l’AFP, confirmant une information de France Inter. Jusqu’à présent, le dépôt de gerbe en hommage aux mineurs était suivi d’une cérémonie à l’hôtel de ville, au cours de laquelle les organisations syndicales prenaient la parole à tour de rôle. Selon le maire Dany Paiva, celles-ci «sont là uniquement pour faire de la politique au niveau national» et de la «propagande».
«Cela n’a pas du tout lieu d’être, c’est pourquoi j’ai pris la décision de supprimer cette cérémonie», a ajouté l’édile de cette commune de 30.000 habitants marquée par son passé minier, comme sa voisine Lens. La remise des médailles aux travailleurs habituellement organisée à cette occasion «sera reportée dans l’année», a ajouté M. Paiva, 30 ans. Pour la secrétaire générale de la CFDT Hauts-de-France, Perrine Mohr, cette décision «en dit long sur la considération portée aux travailleurs, sur la détestation des organisations syndicales et sur le manque de respect de l’histoire de nos territoires».
D’autres décisions symboliques ont été prises par des maires RN dans l’ancien bassin minier
Cette cérémonie est «historique», «quand on s’y attaque, on s’attaque aux travailleurs, parce que les organisations syndicales portaient les doléances des travailleurs», selon Gilles Richy, secrétaire régional CFDT en charge du territoire Artois Douaisis. D’autres décisions symboliques ont été prises par des maires Rassemblement national dans l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais, où douze nouvelles communes ont été remportées par le parti nationaliste lors des élections municipales de mars, portant à 14 le nombre de mairies qu’il dirige dans ce territoire historiquement ancré à gauche.
À Harnes, le nouveau maire RN Anthony Garénaux-Glinkowski a ainsi décidé à peine élu de retirer les drapeaux européen et ukrainien du fronton de la mairie, les remplaçant par des drapeaux tricolores. «Dans la Constitution, il n’existe qu’un seul drapeau: le drapeau tricolore bleu blanc rouge», avait-il dit à l’AFP. Il a aussi fait retirer un buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, estimant que «le pire guillotineur de l’histoire française n’avait rien a y faire». Et à Grenay, une plaque qui faisait du militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah un citoyen d’honneur de la commune a été retirée par la nouvelle majorité RN.
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