Le gouvernement envisage de relever le plafond du Livret A à 30.000 euros pour financer l’adaptation au climat


Après un été marqué par des températures record, trois vagues de chaleur et des incendies dévastateurs, le gouvernement cherche des marges de financement pour «accélérer» les travaux nécessaires face au réchauffement climatique.

Chargée fin juillet par le premier ministre Sébastien Lecornu de lui présenter de nouvelles mesures pour «accélérer» la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a promis jeudi des conclusions «d’ici la fin du mois de septembre», avec un plan de financement sur cinq ans.

Parmi les pistes retenues, la ministre a évoqué auprès des Echos l’idée d’un relèvement du plafond du Livret A, de 23.000 à 30.000 euros afin de dégager des marges de financement supplémentaires permettant à la Caisse des dépôts d’accorder des prêts de long terme destinés à financer l’adaptation au changement climatique. Mais, a souligné la ministre, «ce n’est pas une taxe : il ne s’agit pas de demander aux Français de payer un impôt supplémentaire».


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Cette proposition« a été accueillie favorablement par la Caisse des Dépôts (…) mais n’a pas encore été arbitrée par Matignon, ni approuvée par Bercy», précise le quotidien économique. «On ne va pas subir les événements, attendre qu’ils arrivent pour prendre des décisions», a-t-elle martelé, appelant à «préparer l’été prochain comme s’il allait être le même».

«Nous n’aurons pas rénové toutes les écoles d’ici l’été prochain», mais «nous pouvons a minima y faire installer des volets et des brasseurs d’air», a indiqué Monique Barbut, reconnaissant «un certain nombre de situations auxquelles nous devrons porter plus d’attention». «De même, nous n’aurons pas diversifié les essences de toutes nos forêts d’ici à la prochaine canicule. Mais nous pouvons, d’ici là, imaginer des solutions rapides pour faciliter l’accès des pompiers», a ajouté la ministre, promettant des annonces sur ce sujet à la mi-septembre.

«Eté le plus chaud»

Plus tôt dans la journée, la ministre avait indiqué que la France avait connu son été «le plus chaud»  jamais enregistré. «Nous avons vécu l’été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900», a annoncé Monique Barbut, lors de la présentation du bilan climatique de l’été, qui pour les météorologues court de juin à août, au siège de Météo-France près de Paris. L’été a été marqué par une température moyenne sur 24h de 24,0°C, soit +3,6°C par rapport aux normales 1991-2020, et devant les étés 2003 et 2022, précise l’établissement public.

La France a connu trois vagues de chaleur dont l’une, fin juin, a atteint un record d’intensité et une autre, de fin juillet au mois d’août, a égalé avec 23 jours le record de la plus longue vague jamais enregistrée en France, qui datait de 1983. Le pays a aussi subi pendant cette période des incendies extrêmes, comme celui qui a dévasté une partie de la Gironde. «Fin août, les feux de forêt avaient déjà brûlé six fois plus de surfaces par rapport à la moyenne des vingt dernières années», a souligné Monique Barbut.

Santé publique France a de son côté dénombré quelque 7.300 morts, selon un bilan encore provisoire des victimes des fortes températures cette année établi au 19 août. «L’été 2026 restera dans l’histoire, mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir de quelle manière il le restera», a souligné Monique Barbut.



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