Le 21 août le ministre tchèque des affaires étrangères a été piégé par un canular qui l’a tourné en dérision.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Petr Macinka, est sous le feu des critiques après avoir été piégé par un faux journaliste, lors d’un faux entretien, dans une pièce où des militants avaient dissimulé des armes et une bombe factice.
L’entretien, réalisé le 21 août dans un lieu tenu secret, a été organisé par Detektivni Parta (Groupe de détectives), qui se présente comme un collectif de journalistes enquêtant sur la désinformation. Le groupe a publié des images montrant Petr Macinka face à un homme portant une cagoule, des lunettes de soleil et un masque, assis à une table équipée de micros.
Le ministre assure ne pas être tombé dans le piège et affirme avoir immédiatement reconnu l’intervieweur, le militant Vojtech Psenak, qui se faisait passer pour un journaliste. «Il faudrait être sourd et aveugle» pour ne pas l’avoir reconnu, a-t-il assuré sur Facebook. Les extraits vidéo publiés par le collectif semblent toutefois montrer le contraire. Dans l’un d’eux, Petr Macinka reconnaît notamment qu’il s’agit de la première fois qu’il est interrogé par quelqu’un dont il ne peut pas voir le visage. Dans les extraits, Petr Macinka évoque des membres de son parti ainsi que le Premier ministre milliardaire Andrej Babis. On ignore combien de temps a duré l’entretien et sur quoi portait la partie qui n’a pas été publiée.
L’objectif était de tester la «vigilance en matière de sécurité»
Le groupe affirme en outre avoir dissimulé dans la pièce plusieurs armes factices et répliques d’explosifs, tandis que des personnes se cachaient derrière un rideau. Selon lui, le ministre a contourné les protocoles de sécurité en demandant à son unique garde du corps de quitter la pièce sans avoir vérifié les lieux au préalable. L’objectif était de tester la «vigilance en matière de sécurité et les capacités cognitives» du ministre, selon le collectif, qui estime qu’il a échoué.
La police tchèque chargée de la protection des hauts responsables examine l’incident, selon les médias locaux. Martin Kupka, chef du parti d’opposition de droite ODS, a appelé Petr Macinka à démissionner. L’intéressé assure pour sa part avoir procédé comme lors de «milliers» d’autres entretiens et affirme qu’un policier s’est toujours trouvé à ses côtés.
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