la Syrie, nouveau corridor pour évacuer le pétrole irakien en évitant Ormuz


REPORTAGE – Privé de sa principale voie maritime, l’Irak redirige son pétrole via la Syrie après deux décennies d’interruption. Une solution provisoire et éprouvante pour les chauffeurs, limitée par l’état des infrastructures.

Les jambes nouées sur le tableau de bord, Yasser Shérif se grille une cigarette. L’attente sera encore longue. Près de la raffinerie de Banyias, ville côtière de l’ouest de la Syrie, voilà cinq jours que plus rien ne circule. La cabine de son camion est une étuve. Il laisse glisser sa silhouette fatiguée contre le marchepied, manquant d’égarer ses claquettes alourdies par le cambouis. Sur l’asphalte, un cordon d’acier tremble puis se dissout dans le mirage. Des centaines de camions-citernes s’entassent dans une plainte vrombissante et moite, prête à démarrer.

Le geste coutumier, Yasser Shérif tourne une clé dans son coffre métallique. Il déballe prestement un tapis en plastique et une chicha aux jointures corrodées. « Allah wa sahlan » (« bienvenue »), souffle-t-il dans un panache de fumée. Ce chauffeur irakien a pris ses habitudes, après avoir quitté les champs pétrolifères de Rumaila, à Bassora, il y a dix-sept jours. D’ordinaire, le brut y est exporté presque immédiatement via…

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