La Russie prépare une attaque sur la Pologne pour «provoquer» l’Otan, selon les États-Unis


Washington a prévenu Varsovie de la possibilité d’une incursion terrestre russe d’ici quelques mois, rapporte le site d’information Onet, citant des sources proches du président polonais.

Authentique déclaration de guerre, ou simple provocation ? Les États-Unis sont persuadés que la Russie planifie une attaque armée sur la Pologne, afin de tester l’Otan. Ils ont mis en garde Varsovie contre les intentions de Vladimir Poutine, affirme ce vendredi le site d’actualités polonais Onet, qui appartient au même groupe que le quotidien britannique The Telegraph, citant des sources dans l’entourage de Karol Nawrocki, le président polonais.

Moscou prévoirait de lancer des missiles et des drones sur les infrastructures critiques polonaises, telles que les centrales électriques, mais un autre scénario imagine une offensive terrestre plus conventionnelle, avec incursion de soldats russes. Une attaque «hybride»  n’est pas non plus à exclure, selon ces sources. Elles indiquent que la Russie pourrait aussi simplement simuler des frappes aériennes, ce qui contraindrait la Pologne à activer ses systèmes de défense.


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L’objectif de cette opération sur le flan est de l’Otan serait «d’exacerber les tensions et de contraindre les alliés occidentaux à suspendre leur aide à l’Ukraine», écrit le quotidien britannique The Telegraph . Le risque d’une «provocation» russe dans l’un des États baltes ou en Pologne a été confirmé par une source au sein du ministère polonais de la Défense, ainsi que par l’ambassadeur d’un pays allié de la Pologne.

«Faire croire à une attaque de l’Ukraine»

Selon nos confrères, l’attaque pourrait être lancée «d’ici quelques mois» depuis l’oblast de Kaliningrad, exclave russe située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Ou bien depuis la Biélorussie, c’est-à-dire un peu plus à l’Est. «La Russie pourrait alors tenter de faire croire que cette provocation a été perpétrée par l’Ukraine», affirme The Telegraph.

D’autant qu’une querelle empoisonne depuis des semaines l’alliance entre la Pologne et l’Ukraine. Fin mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait provoqué la colère de Varsovie en donnant à une unité militaire le nom d’une organisation nationaliste de la Seconde Guerre mondiale tenue en Pologne pour responsable de la mort de plus de 100.000 Polonais. À ce désaccord mémoriel, s’ajoute la concurrence entre leurs industries agricoles respectives.

«Période cruciale pour la sécurité des pays situés sur le flanc est de l’Otan»

Le risque d’une «provocation» russe dans les pays les plus à l’Est de l’Otan n’est pas nouveau. Mais il semble se préciser ces dernières semaines. Lundi 22 juin, les services de renseignement lettons ont fait part d’«indices laissant penser que la Russie prépare des provocations militaires contre les pays baltes ou la Pologne». Une source politique de haut rang issue d’un deuxième État membre de l’Alliance avait fait une déclaration similaire la semaine précédente. Lundi 29 juin, c’est le ministère néerlandais de la Défense qui a évoqué le risque d’une campagne militaire russe «dans l’année».

«Les mois à venir pourraient constituer une période cruciale pour la sécurité des pays situés sur le flanc est de l’Otan», a confirmé ce vendredi le premier ministre polonais Donald Tusk, précisant que la Pologne se préparait «activement à divers scénarios». Celui d’une guerre totale contre l’Europe semble, à court terme, peu probable, puisque Moscou mobilise actuellement ses principales forces dans la guerre contre l’Ukraine.


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La menace russe sera au centre des préoccupations du sommet de l’Otan qui se tiendra dans la capitale turque, Ankara, les 7 et 8 juillet. Le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a déclaré que la Russie «pourrait être prête à recourir à la force militaire contre l’Otan d’ici cinq ans».



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