La magie d’Eva Jospin au Palais des Papes et à la Collection Lambert cet été


C’est une artiste que l’on a, mine de rien, beaucoup vue. Au Louvre, au musée de la Chasse et de la Nature, dans le parc de Chaumont-sur-Loire, aux Beaux-Arts de Paris… Et pourtant, le charme agit à chaque fois.

Plus encore, la stupéfaction d’une rencontre, d’une idéale harmonie sensuelle. Son art est de ceux avec qui l’œil et l’âme s’entendent immédiatement, quel que soit le lieu auquel il s’adapte.

Portrait d’Eva Jospin

C’est du moins ce que l’on ressent, encore, en pénétrant dans le Palais des Papes d’Avignon, où Eva Jospin (née en 1975) expose de monumentales sculptures de carton finement découpé, sa signature, mais aussi un lustre immense suspendu dans l’ancienne cuisine – dont la hotte culmine à vingt-deux mètres de hauteur, tout de même ! –, de vastes pans de broderies dans la salle des festins dite « Grand Tinel »… Autant d’œuvres dont les teintes et les textures répondent aux vieilles pierres comme aux murs peints, semblant avoir toujours été là (alors même qu’un certain nombre d’entre elles avait déjà été exposé ailleurs !).

Ruines antiques, grottes artificielles, végétation sauvage…

Ses thèmes favoris demeurent présents : forêts emmêlées et profondes, ruines antiques parcourues de végétation sauvage, grottes artificielles à la façon des folies de la Renaissance (dont une, sublime, en bronze polychrome, dans la chapelle Saint-Martial). Chaque forme est immédiatement compréhensible ; nul besoin de discours, tant la beauté, la lisibilité et la poésie de chaque pièce apparaissent sans brume ni concept.

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Eva Jospin, Empyrée et balcons (Cuisine haute)

Eva Jospin, Empyrée et balcons (Cuisine haute), 2023

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Vue de l’exposition « Palazzo », Palais des Papes, 2023 • © O. Tresson

Une œuvre joueuse, participative, végétale, fragile.

Cela dit, lors de la visite officielle de l’exposition, l’artiste, volubile et sympathique, citera l’escalier de Bramante comme inspiration de son lustre ou encore la Divine Comédie de Dante, plantant les racines de son art dans une culture ancienne, prestigieuse. Elle évoquera aussi la façon dont elle s’est insérée dans ce palais au patrimoine si riche en observant ses fresques et ses décors… Une tâche guère évidente, d’autant plus que l’accrochage s’est fait aux heures d’ouverture au public, et que l’artiste et ses assistants ont dû travailler au milieu des flots de touristes.

Hanté, émerveillé, c’est à la Collection Lambert que l’on poursuit la visite : là, Eva Jospin investit le sous-sol de l’institution, dans un espace immaculé, bétonné, tout à fait différent. Le plafond est bas, les œuvres de taille réduite. On s’approche, on se rapproche, et l’œil fait soudainement connaissance avec les formes qu’il n’avait jusqu’ici, on s’en rend compte alors, que vues de loin.

C’est ici, aussi, qu’Eva Jospin dévoile toute l’étendue de ses recherches, sur le carton, le béton, le fil, la rocaille, la vidéo, le dessin, le papier découpé. Ce dernier, justement, elle le met en scène au sein d’un dispositif à actionner avec une manivelle, en clin d’œil aux tableaux transparents de Carmontelle, sorte de prémices, explique-t-elle, de l’image animée et du cinéma. Encore une fois, l’artiste témoigne de sa grande culture visuelle, tout en dévoilant une œuvre joueuse, participative, végétale, fragile. Bref, d’une beauté folle.

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Eva Jospin. Palazzo

Du 30 juin 2023 au 7 janvier 2024

palais-des-papes.com

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Eva Jospin. Contre-Monde

Du 1 juillet 2023 au 17 septembre 2023

collectionlambert.com



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