Jonathan et Romain Soudrille – « Ne pas se précipiter sur la première opportunité, attendez la bonne ferme ! »


Voici le principal conseil de ces deux frères jumeaux, installés en bovins lait dans le Maine-et-Loire depuis 18 mois. Ils racontent, en vidéo, leur parcours d’installation et recommandent, notamment, de prendre le temps de chercher l’exploitation correspondant aux attentes et projet. Autres priorités, selon eux : acquérir de l’expérience et prendre en compte le changement climatique.

Frères jumeaux, c’est ensemble que Jonathan et Romain Soudrille ont voulu s’installer en élevage bovin laitier. Il y a un an et demi, ils ont pu reprendre une exploitation en hors cadre familial, près d’Angers dans le Maine-et-Loire. Ensemble également, ils reviennent sur leur parcours d’installation, dans le Podcast « ceux qui font le lait » de la FNPL, et plus précisément dans l’épisode vidéo #50 publié fin mars sur la chaîne Youtube du syndicat.

Entre le début des démarches et leur concrétisation, il s’est écoulé une quinzaine de mois. « Tout s’est bien passé, ça a été relativement rapide. En 5-6 mois, le gros du projet était ficelé », commente Romain. La recherche de l’exploitation, elle, a été plus longue : 5-6 ans pendant lesquels les deux frères ont visité pas mal de structures à céder d’ici 2 à 3 ans. « La plupart en individuel », pointent-ils. Plusieurs reprises ont été initiées, sans se concrétiser.

5-6 mois pour le projet, 5-6 ans pour la ferme

Mais cela leur a permis de « prendre le temps d’attendre la bonne ferme », celle qui correspond à leurs attentes et à leur projet, au niveau technique comme économique, mais également en termes de localisation. Et d’être « satisfaits aujourd’hui » de leur choix. D’ailleurs, leur principal conseil aux futurs installés : « Être patient et ne pas se précipiter sur la première opportunité. » « Il faut aussi que ça passe financièrement », insistent-ils, expliquant certains de leurs « échecs » antérieurs par un prix de la ferme trop élevé.

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L’exploitation en quelques chiffres :

  • Cheptel : 75-80 VL (avec les taries) ;
  • Référence laitière : 800 000 l (livrés chez Savencia) ;
  • SAU : 205 ha (dont 110 ha de cultures de vente) ;
  • Alimentation des vaches : 2/3 ensilage de maïs, 1/3 ensilage d’herbe et de méteil, 4 mois de pâturage quand la pousse est maximale (de mars à fin juin-début juillet selon les années) ;
  • Traite robotisée : « Même avec 65 VL à la traite et au pâturage, c’est possible grâce à 3-4 jeux de portails adéquats qu’on bouge en fonction des besoins. Ainsi, les vaches sortent librement le matin, en passant forcément par le robot. Puis, elles reviennent se faire traire et s’alimenter en complément à l’auge. »

Se faire la main en tant que salarié agricole

Les jeunes éleveurs ont profité de cette période pour « aller voir ailleurs et acquérir de l’expérience ». Important avant de s’installer, selon eux, car « c’est sur le terrain qu’on apprend le plus », comme ils ont pu le constater en travaillant 11 ans en tant que salariés agricoles, au service de remplacement puis dans différentes fermes. Parce qu’à « la sortie des études » (les deux frères sont titulaires d’un BEP et un bac pro agricoles + un CS lait pour Jonathan), on n’a pas toutes les compétences requises », souligne Jonathan.  

Pas toutes les compétences requises, à la sortie des études.

Intégrer le changement climatique

D’autant que pour leur première année d’installation, les jeunes producteurs ont vécu « une sécheresse et une canicule » majeures. « L’été, nous frôlons de plus en plus souvent les 40°, ça devient dur pour les animaux et les éleveurs », appuie Jonathan. Pour rafraîchir les bêtes aux prochains pics de chaleur, les exploitants se sont équipés de ventilateurs et d’un système de douches sur toute la rangée de cornadis.

Prévoir une année de stock fourrager.

Comme de plus en plus d’organismes professionnels, ils encouragent les futurs éleveurs à prendre en compte le changement climatique dès l’installation, dans le plan de financement en particulier, en prévoyant par exemple une année de fourrage d’avance. « Les huit mois de stock laissés par les cédants nous ont sauvés, confirment-ils, ajoutant que ceux-ci « ont fait leur possible pour les aider à s’installer. Il ne faut pas hésiter à stocker tout ce qu’on peut stocker, plutôt que de devoir acheter. »

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