Pourquoi avez-vous décidé d’écrire cet essai ? À qui s’adresse-t-il ?
Aurélie Clemente-Ruiz : Cet essai est le fruit de mon expérience professionnelle et des questionnements qui ont émergé depuis la période du Covid, lors de laquelle on a beaucoup entendu que la culture n’était pas essentielle. J’ai trouvé cela assez violent et me suis interrogée : à quoi servent nos musées dans un monde où ils peuvent fermer du jour au lendemain ?
À l’heure où l’on assiste à une accélération de la diffusion de l’information mais aussi des fake news, les musées ne seraient-ils pas des lieux de refuge, où porter un regard différent sur ce qu’on vit au quotidien ? Cet essai s’adresse bien sûr aux professionnels du secteur, mais j’espère qu’il intéressera plus largement des personnes en quête de sens, qui ont envie de participer à la vie de nos sociétés.
Dans l’introduction, vous affirmez que le musée est devenu un « champ de bataille symbolique ». Comment expliquez-vous ce constat ?

Portrait d’Aurélie Clemente-Ruiz au musée de l’Homme à Paris
On voit avec la montée des extrêmes en politique que les musées, qui sont finalement les garants de l’histoire, sont devenus des lieux où l’on assiste à une bataille identitaire. Ce phénomène a déjà existé par le passé, mais il est particulièrement flagrant depuis la réélection de Donald Trump aux États-Unis.
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