Installé à Villeurbanne, le marché a été placé en procédure de sauvegarde, à sa demande, par le tribunal de commerce de Lyon, le 30 avril, pour faire face à des difficultés financières liées à la réévaluation de sa taxe foncière.
Entre les étals d’antiquaires, un vent d’inquiétude souffle sur les Puces du canal. Le célèbre marché villeurbannais a été placé en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Lyon, jeudi 30 avril, selon une information de Lyon Décideurs confirmée au Figaro par plusieurs sources au fait du dossier. Une démarche engagée par son propriétaire, Stephan Blanchet, alors que cette institution locale voit ses difficultés financières s’accentuer après la réévaluation à la hausse par le fisc de sa taxe foncière.
À l’occasion d’un récent contrôle fiscal, le Trésor public s’est penché sur l’emprise foncière, et plus précisément sur la répartition des espaces. Une pondération de la taxe foncière est en effet appliquée en fonction des activités pratiquées. Celle en place depuis plusieurs années n’était plus adaptée, selon le fisc, qui a donc recalculé l’assiette.
La municipalité confirme une « extension significative de la base imposable du site ». Avec à la clé un « rattrapage pour les années précédentes » et « une augmentation des prochaines échéances », souligne la mairie. La cotisation foncière des entreprises (CFE) étant fonction de cette taxe foncière, « elle a aussi mécaniquement augmenté », poursuit Stephan Blanchet propriétaire des puces depuis dix ans, qui conteste ce nouveau calcul.
« Triplement de la taxe foncière »
« Il s’agit d’une sauvegarde simple, nous ne sommes pas en cessation de paiements, il n’y a pas de retard auprès des fournisseurs et la société d’exploitation fonctionne même plutôt bien, assure-t-il. Nous avons un sujet fiscal dans la mesure où la règle a changé avec un triplement de la taxe foncière ». Le placement en procédure de sauvegarde doit lui laisser le temps de lancer les démarches de recours. Le tout « en poursuivant l’activité économique et en maintenant l’emploi », souligne la municipalité socialiste.
« Il y a presque 900 personnes en direct ou indirect, alors plutôt que de répercuter cette hausse à nos locataires, on a souhaité se battre », insiste Stephan Blanchet. « Les Puces du Canal sont une institution villeurbannaise, constitutive de son identité, poursuit la mairie. C’est un acteur économique majeur, en termes de rayonnement et d’attractivité. La Ville espère que ces mesures d’accompagnement permettront de redresser la situation et de garantir la pérennité de l’activité. »
Installées sur les bords du canal de Jonage depuis 1995, les puces du canal attirent chaque année 500 000 visiteurs. C’est le deuxième plus gros marché aux puces de France derrière Saint-Ouen (aux portes de Paris). Comme ce dernier, le site a demandé son classement patrimonial l’année dernière auprès du ministère de la Culture.
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