
Pour aller plus loin :
De par la puissance d’aura du petit artisan aux fins de mois probablement très difficiles, la sortie d’un simple remake quasiment 1.1 parvient à être un événement même dans un mois qui verra arriver sous peu un rouleau-compresseur commercial pourtant de toute autre ampleur. Après forcément, on parle de The Legend of Zelda, et surtout de Ocarina of Time, épisode fondateur dans l’histoire de la 3D qui a inspiré bien du monde les décennies allant, ce que l’on pouvait d’ailleurs comprendre en 1998 après 3 ans d’attente dont 1 an de report. Une éternité pour l’époque (la moyenne basse aujourd’hui). Et passé un reveal attirant pour les uns, « lol fanmade UE5xIA » pour les autres, mais surprenant dans les deux cas quand on pensait à un lifting fainéant vu le prix relativement doux de 60€, le divin est donc revenu peut-être pas pour marqué de nouveau l’histoire, mais au moins l’année en cours.
Bon le problème avec ce type de projet et la communication typique (soutenu) de Nintendo, c’est qu’il est bien difficile de tartiner pour vous apprendre quoi que ce soit, si ce n’est le ressenti d’un simple homme particulièrement satisfait de ce qu’il a vécu en retrouvant la vraie formule Zelda dont le dernier représentant a déjà 15 ans, et pas le meilleur de la série (Skyward Sword). Car le grand âge de Ocarina of Time incarne maintenant celui des plaisirs simples, où les énigmes doivent être résolues de la façon voulue par les développeurs et pas en faisant n’importe quoi avec le moteur physique. Il est inutile de dire que les connaisseurs vont vite avancer, Temple de l’Eau inclus, en constatant dans l’habituel besoin impératif de modernité que les indices se font plus nombreux, et l’ergonomie bien plus souple avec une liste déroulante évitant de faire 1000 allers-retours dans le menu. Il est néanmoins rigolo de se dire que si tout est indéniablement mieux foutu qu’il y a bientôt 30 ans, et encore heureux, ça fait tout drôle de devoir adopter de nouvelles habitudes, incluant le possibilité de sauter (car oui, j’ai bu la tasse plus d’une fois par automatisme le temps de quitter au moins les copains kokiris).

Cette refonte m’a en tout cas procuré les mêmes sensations qu’à l’époque lointaine de Resident Evil Rebirth, avec cette envie constante de toujours progresser pour découvrir l’évolution graphique de chaque recoin d’un monde que je connaissais pourtant par cœur. Car en dépit de quelques critiques esthétiques sur les personnages notamment et surtout Zelda jeune (Link a lui une bouille adorable), c’est juste incroyablement beau sur l’intégralité des aspects et fourni avec un nombre de détails à la limite du surprenant (brouillard/fumée magnifiquement gérés, l’herbe qui s’adapte à nos mouvements, les feuilles qui tombent et flotte le long du cours d’eau, feu qui consume doucement les bâtons…). Un vrai fantasme visuel qui nous régale constamment, certes bien aidé par le côté bien plus fermé même si un chouïa moins qu’avant, et des remakes graphiques de l’époque 64 avec cette gueule, je peux en bouffer perso tous les jours. Majora’s Mask ou Mario 64, c’est quand vous voulez. Et au-delà même du rendu, c’est aussi une certaine ambiance que l’on a perdu dans Breath of the Wild et sa suite, qui délaissaient la magie pour l’apologie de la solitude (de manière bien foutue certes). On sent un véritable amour de bien retranscrire ce travail d’époque en décuplant les détails, que ce soit en temps réel par la caméra libre ou dans chaque cinématique, poussant beaucoup et moi-même à valider ce souhait assumé : BOTW et TOTK, c’était certes incroyable, mais n’hésitez pas un jour à nous servir un épisode neuf avec l’ancienne formule.
Mais derrière un vrai bonheur de plus de 25 heures dont on ne voulait pas voir la fin, bercées par des musiques toutes réorchestrées de belle façon (bien qu’il y aura débat sur certaines selon les goûts de chacun), reste qu’une fois arrivée au générique, on sert un peu le poing devant un rendez-vous loupé au niveau du contenu. L’enrobage est intouchable, et on n’a aucun problème à une transposition très proche de l’époque avec quelques petites surprises par-ci par-là, mais sérieusement, pas de Master Quest pourtant offerte sur 3DS ? Même pas un mode Difficile juste pour avoir une chance d’entrevoir l’écran de Game Over ? Bien sûr, en matière de remake graphique modernisé, Ocarina of Time fait parfaitement le taf et se montre être un obligatoire de la machine (en plus de vraiment bien exploiter sa puissance) même pour ceux l’ayant déjà retourné de fond en comble il y a des années. Mais comment ne pas imaginer l’effet si nous était servi sur un plateau une nouvelle zone avec son donjon, au cœur du scénario ou en endgame ? Y a un Boss Rush ouais bon, mais on n’est définitivement plus à l’époque des rééditions de Link’s Awakening (GBC) et A Link to the Past (GBA), où l’on avait encore droit à de vrais cadeaux…
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