Fréquentation des musées, expos et monuments : 2025, année record


En France, l’année culturelle 2025 a été marquée par des records historiques de fréquentation ! Si certains établissements renouent avec leurs niveaux d’avant la pandémie de Covid grâce au retour des touristes internationaux (en particulier chinois), un certain nombre d’entre eux ont franchi des seuils inédits, portés à la fois par la fréquentation étrangère, une médiatisation accrue et des programmations fédératrices qui ont capté de nouveaux publics plus jeunes.

Les grandes institutions maintiennent le cap. Pas de changement par rapport à 2024 pour le château de Versailles, qui a attiré 8,4 millions de personnes (dont 81 % d’étrangers), et pour les musées d’Orsay et de l’Orangerie (4,9 millions). Le Louvre a, quant à lui, accueilli 9 millions de visiteurs (dont 73 % d’étrangers et 40 % venus d’un pays hors UE – une catégorie qui devra payer davantage à partir de ce 14 janvier), soit un peu plus que les 8,7 millions de 2024. L’établissement se rapproche ainsi de son record de 2018 (10,2 millions), malgré la jauge de 30 000 visiteurs par jour instaurée depuis afin de garantir un meilleur confort de visite.

Curieuse Nocturne au musée d’Orsay

Curieuse Nocturne au musée d’Orsay




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© Musée d‘Orsay / Sophie Crépy Boegly

Attractifs grâce à leurs collections gratuites, les musées de la Ville de Paris, où se sont pressées 5,1 millions de personnes, enregistrent quant à eux une hausse de 6,6 %. Le Petit Palais arrive en tête avec 1 455 790 visiteurs (à peine moins que son record dû aux Jeux olympiques de Paris en 2024), devant le musée Carnavalet (1 081 903) et le musée d’Art moderne (780 078).

Un effet Notre-Dame sur le patrimoine français

Côté monuments, la réouverture de Notre-Dame de Paris a agi comme un puissant catalyseur. Bénéficiant de cette médiatisation mondiale, les cathédrales et leurs trésors ont connu une envolée spectaculaire : un bond de 95 % pour celle d’Amiens et de 74 % pour celle de Chartres. Notre-Dame de Paris a reçu plus de 6 millions de personnes durant les six premiers mois de 2025 – soit probablement plus de 10 millions sur l’année.

La chapelle Saint-Marcel de Notre-Dame de Paris

La chapelle Saint-Marcel de Notre-Dame de Paris, 2025




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© Arnaud Chicurel / hémis

Avec plus de 12 millions de visiteurs, les 100 monuments et jardins du Centre des monuments nationaux (CMN) signent également une année record, en hausse d’un million par rapport à 2024 – avec comme toujours sur le podium, l’Arc de triomphe (1,8 million), l’abbaye du Mont-Saint-Michel et la Sainte-Chapelle.

Une belle année pour le Palais de la Porte-Dorée et le musée Guimet

Fait inédit en France, 58 % des visiteurs du Palais de la Porte-Dorée avaient moins de 26 ans.

Autre performance marquante : celle du Palais de la Porte-Dorée, qui franchit pour la première fois le seuil des 750 079 visiteurs, soit 18 % de plus qu’en 2024. Fait inédit en France, 58 % d’entre eux avaient moins de 26 ans. Le musée national de l’Histoire de l’immigration, qui y est installé, enregistre à lui seul 274 563 visites (soit un bond de 32 %) grâce à des thématiques en phase avec les préoccupations contemporaines et une offre événementielle dynamique. L’exposition « Banlieues chéries » devient ainsi la plus fréquentée de l’histoire de ce musée ouvert en 2007.

Porté notamment par les commémorations du 80e anniversaire de la Libération, le musée de l’Armée a également atteint son meilleur chiffre depuis dix ans en dépassant 1,4 million de visiteurs – une hausse de 12 % par rapport à 2024. Les moins de 26 ans y ont par ailleurs représenté 40 % du public, avec une hausse spectaculaire (+ 27 %) des 18–25 ans. De son côté, avec 338 280 personnes reçues, le musée Guimet a vu sa fréquentation augmenter de 10 % par rapport à 2024, effectuant lui aussi sa meilleure année depuis 2002.

De Chantilly à la BnF, des expositions porteuses qui ont dopé la fréquentation

Avec 658 164 visiteurs, soit 20 % de plus qu’en 2024, l’année fut également historique pour le château de Chantilly, en partie grâce à l’exposition événement consacrée aux Très Riches Heures du duc de Berry, la « Joconde des manuscrits », qui a rencontré un succès sans précédent (75 127 visiteurs venus du monde entier). Le domaine national de Fontainebleau a, quant à lui, attiré plus de 2 millions de personnes, soit une hausse de 11 %.

Vue de l’exposition « Les très riches heures du duc de Berry » à Chantilly

Vue de l’exposition « Les très riches heures du duc de Berry » à Chantilly, 2025




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Avec près d’1,4 million de visiteurs, le musée du quai Branly a progressé de 9,7 % et atteint l’un des niveaux de fréquentation les plus élevés de son histoire, grâce notamment à son exposition « Au fil de l’or » qui a comptabilisé 286 000 personnes – un record pour l’établissement. La BnF se réjouit aussi d’avoir attiré plus d’1,9 million de visiteurs et lecteurs (un chiffre historique et 14 % de plus qu’en 2024), dont 561 000 dans ses expositions, parmi lesquelles la fédératrice « Apocalypse ».

Les records fusent aussi en dehors de Paris, avec par exemple le Mucem, à Marseille, qui atteint lui aussi son meilleur score depuis 10 ans avec près d’1,4 millions de visiteurs, grâce à des expositions permanentes comme « Méditerranées – Inventions et représentations » (272 829 visiteurs), qui a accueilli une présentation exceptionnelle des trois Bleus de Miró prêtés par Beaubourg, et d’expositions temporaires séduisantes comme « Lire le ciel. Sous les étoiles en Méditerranée », qui a dépassé les 180 000 visiteurs – un record depuis Jeff Koons en 2021.

En entamant sa fermeture progressive pour cinq ans de travaux, le Centre Pompidou ne pouvait rivaliser : 1,5 million de visiteurs dans ses murs, soit moitié moins qu’en 2024. En revanche, 1,1 million de personnes ont vu ses expositions hors-les-murs, en France et à l’international – un gage de l’intérêt suscité par ses collections, qu’a également confirmé l’émotion du public lors de ses ultimes événements.

David Hockney et deux artistes norvégiens au sommet

Côté expositions, l’année a été rythmée par de gros succès comme « Louvre Couture », qui aurait attiré, selon le grand musée parisien, plus d’un million de visiteurs en moins de huit mois, soit la deuxième plus fréquentée de son histoire après sa rétrospective Léonard de Vinci en 2019–2020 – bien qu’on s’interroge sur les modalités de comptabilisation des visiteurs d’une exposition disséminée dans des salles du parcours permanent.

Au musée d’Orsay, surprise ! Deux artistes nordiques du XIXe siècle, plutôt méconnus en France, ont attiré les foules, dépassant les scores de la grande exposition consacrée à l’art de l’affiche.

Parmi les plus grandes réussites de 2025, figure aussi l’exposition « David Hockney 25 » à la fondation Louis Vuitton, où se sont pressés 916 614 visiteurs, un chiffre impressionnant qui confirme une nouvelle fois le succès de l’artiste et le rôle majeur de cette institution privée parisienne. Les chefs-d’œuvre de Picasso, Klee, Giacometti issus du musée Berggruen de Berlin ont, quant à eux, fait venir 445 258 visiteurs au musée de l’Orangerie – un des plus grands succès depuis 15 ans pour l’établissement (qui a également accueilli 393 556 personnes dans son parcours consacré au flou dans l’art, et 286 238 visiteurs pour celui dédié à la galeriste d’avant-garde Berthe Weill, qui se poursuit jusqu’au 26 janvier 2026).

Vue de l’exposition « Banlieues chéries »

Vue de l’exposition « Banlieues chéries », Avril 2025




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Au musée d’Orsay, surprise ! Deux artistes nordiques du XIXe siècle, plutôt méconnus en France, ont attiré les foules (421 632 et 429 891 visiteurs respectivement pour Harriet Backer et Christian Krohg), dépassant les scores de la grande exposition consacrée à l’art de l’affiche (382 996 entrées) et de celle, très plébiscitée, consacrée à John Singer Sargent (jusqu’au 11 janvier 2026), qui en avait comptabilisé 389 515 au 31 décembre.

Au Grand Palais, les installations de fil rouge de l’artiste japonaise Chiharu Shiota (expo inaugurale de l’établissement parisien après sa restauration) ont pris dans leurs filets 308 186 visiteurs, tandis que Dolce & Gabbana et « Euphoria » y ont respectivement réuni 420 315 et 450 000 personnes, contre 357 750 pour Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely – l’ensemble des expositions du lieu ayant totalisé plus d’1,7 million de visiteurs.

350 000 visiteurs pour Valadon et Cezanne

L’exposition consacrée à la peintre Suzanne Valadon, qui a mobilisé 350 000 curieux au Centre Pompidou, s’impose de son côté comme l’un des grands succès du printemps dernier. En dehors de Paris, l’exposition internationale consacrée à Cezanne au musée Granet d’Aix-en-Provence, coproduite par le GrandPalaisRmn dans le cadre de l’année de célébration consacrée au peintre, a quant à elle vu affluer 350 000 fans de ce grand précurseur du cubisme.

Façade du Petit Palais

Façade du Petit Palais




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© Bertrand Gardel / hémis

Parmi les autres événements phares de l’année figuraient « Worth, inventer la haute couture » au Petit Palais – qui arrive en tête des 23 expositions temporaires des musées de la Ville de Paris avec 179 301 visiteurs –, « Matisse et Marguerite, le regard d’un père » au musée d’Art moderne (163 062), « Gabriele Münter, peindre sans détours » (132 038), également au MAM, « Soulages, une autre lumière » au musée du Luxembourg (143 316), ainsi que le parcours – encore visible jusqu’au 25 janvier 2026 – consacré à Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais (près de 130 000).

S’y ajoutent les expositions dont les chiffres n’ont pas encore été divulgués, telles que celles consacrées à M.C. Escher à la Monnaie de Paris, Artemisia Gentileschi et Georges de La Tour au musée Jacquemart-André, qui ont elles aussi contribué à cette année exceptionnelle – non sans quelques problèmes de confort liés à ces affluences record…





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