DÉCRYPTAGE – Pendant les pics de consommation hivernale, près de 80 % du gaz provient de ces vastes réserves souterraines, garantes de l’équilibre du réseau. Mais des choix étatiques et européens pourraient venir troubler le fonctionnement d’un marché déjà soumis à de nombreux aléas.
Difficile de s’imaginer que c’est ici, à Saint-Illiers (Yvelines), à un peu plus d’une heure de route de Paris, presque en Normandie, que se joue une partie de la sécurité énergétique de la France, au milieu des champs de colza et de blé. Dans un paysage bucolique, Storengy, filiale à 100 % d’Engie, a la capacité de stocker 690 millions de mètres cubes de gaz entre 330 et 460 mètres sous terre. Vingt-sept puits d’exploitation permettent d’injecter le gaz dans une couche de roche poreuse et ces mêmes puits sont utilisés pour l’extraire. C’est assez pour alimenter en gaz une ville moyenne française comme Beauvais pendant un an. Il faut passer le portail du site pour découvrir les installations, nichées dans le creux d’un vallon. Çà et là, des « têtes de puits », entrelacs de quelques dizaines de centimètres de haut, fait de vannes et de quelques mètres de tuyau, sortent du sol pour y replonger aussitôt. Le stockage a beau être immense, il est quasiment invisible.
En période de froid…
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