Faites une cure de vitamine D au Hangar Y


L’hiver vous met le moral dans les chaussettes ? Réchauffez-vous donc à Meudon ! En lisière de la forêt, le Hangar Y, site autrefois dévolu aux ballons dirigeables et ressuscité l’an dernier en centre d’art, agit sur le public comme une cure de vitamine D, avec l’exposition « Prendre le soleil », investie par une quarantaine d’artistes, français, américains, anglais… Ils sont de tous horizons et œuvrent sous toutes les latitudes de l’art, de la photo, à la vidéo, en passant par la peinture, l’installation et la sculpture.  

Considéré comme une divinité par les civilisations antiques, adulé autant que craint pour sa puissance ; depuis toujours, le Soleil est une immense source d’inspiration pour les artistes. Ce que balaye l’exposition avec un prisme très large : il s’agit ici autant de « prendre le soleil », en s’y exposant, que de tenter de l’attraper, façon rêve d’Icare.

Fragmentin, Your phone needs to cool down

Fragmentin, Your phone needs to cool down, 2019

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aluminium, verre, 2 lumières chauffantes, écran LCD, smartphone, capteur de température, protections téléphoniques, composants électroniques • © Association Fragmentin

L’étoile est d’abord perceptible à ses rayons qu’Anne Lindberg matérialise, dès l’entrée sur la mezzanine, en une installation de plusieurs milliers de fils de coton colorés. Source de vie mais aussi de menace quand vient l’urgence climatique, l’astre rougeoyant provoque aussi la surchauffe — ce que nous rappelle un téléphone portable inutilisable par 45°C du collectif d’artistes suisses Fragmentin. Imaginée en partenariat avec l’Observatoire de Paris-PSL, installé à Meudon depuis plus de cent ans, le lumineux parcours, à la scénographie couleur coucher de soleil grenadine, inclut aussi les éblouissantes observations scientifiques de l’astronome Étienne Léopold Trouvelot (1827–1895).

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Le soleil tatoue la peau, irise, brûle, illumine, et allume les mysticismes et la ferveur… Ce que raconte dans ses films Laurent Grasso en guettant avec des fidèles l’apparition de la Vierge (Miracle of the Sun, Fatima, 2014) ou de l’astre du jour (Soleil double, 2014) entre deux tours d’architecture mussolinienne.

Penelope Umbrico, Suns from Sunsets from Flickr

Penelope Umbrico, Suns from Sunsets from Flickr, 2006

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Le soleil s’imprime sur la pellicule de nombreux photographes conviés à ce bain de lumière. Avec son mur de couchers de soleil collectés sur la plateforme Flickr, l’Américaine Penelope Umbrico dresse un panorama éblouissant, quand Guillaume Aubry fait couler un œuf cru sur un décor de carte postale. Dans Radiance #8 Finisterrae (2022), Mustapha Azeroual regroupe sur un même support plusieurs clichés d’un paysage unique, de son lever à son coucher, et façonne une image « lenticulaire » : les couleurs du soleil, ça bouge !

On se promène enfin avec Martin Parr parmi les peaux tannées de la Côte d’Azur. Inutile de s’éclipser, on file au Hangar Y : mais, attention, un coup de soleil est si vite arrivé !

Du 16 décembre 2023 au 21 avril 2024



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