L’opération, dont le principe a été annoncé dimanche, donnerait naissance à la deuxième banque du pays.
La banque italienne Banco BPM ne souhaite visiblement pas demeurer isolée dans la recomposition du paysage bancaire italien. Elle a proposé dimanche à sa compatriote Banca Monte dei Paschi di Siena (BPMS), pourtant plus grande qu’elle, une fusion «entre égaux » afin de donner naissance à la deuxième banque du pays derrière UniCredit. Vendredi à la clôture de la Bourse de Milan, BPMS capitalisait un peu plus de 27 milliards d’euros, contre environ 20 milliards pour sa prétendante. Le nouvel ensemble pèserait environ 50 milliards d’euros et il devancerait ainsi l’actuel numéro deux du secteur dans la péninsule, Intesa Sanpaolo.
Le conseil d’administration de Banco BPM, au sein duquel siège notamment le Crédit Agricole actionnaire à hauteur de plus de 20% de la banque, affirme avoir approuvé «à l’unanimité» le principe de l’opération et avoir adressé une lettre à BPMS, l’invitant à entamer des négociations en vue d’une fusion. Il ajoute que les responsabilités au sein du nouvel ensemble se répartiraient harmonieusement entre les dirigeants des deux établissements. Selon Banco BPM, ce rapprochement générerait 1,1 milliard d’euros de synergies (650 millions d’euros d’économies de coûts et 450 millions d’euros de synergies de revenus).
Le paysage bancaire italien, très éclaté, est en plein bouleversement. La proposition de Banco BPM, intervient en effet quelques mois seulement après que BMPS est parvenu à mettre la main sur la mythique banque d’affaires milanaise Mediobanca. Ce rapprochement a permis à BPMS de changer de dimension. Avec plus de 7 millions de clients, la doyenne des banques mondiales est devenue le troisième pôle financier du pays. Avec ce rachat, BPMS, s’est également ouvert en grand les portes de l’assureur Generali, dont Mediobanca est le premier actionnaire (avec 13% du capital de la compagnie). BPMS a été sauvé de la faillite par le gouvernement italien en 2017. L’an dernier, UniCredit avait tenté de mettre la main sur cette banque désormais redressée, mais le gouvernement italien avait imposé d’importantes contraintes et ce projet avait finalement été abandonné.
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