Six personnes ont été condamnées par le tribunal correctionnel après que la présence de plusieurs « individus armés » a été signalée l’année dernière dans un quartier sensible à l’est de la ville.
La lutte contre le trafic de stupéfiants s’intensifie dans de la cinquième ville de France. En témoignent les lourdes peines prononcées par le tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes), allant de trois à huit années d’emprisonnement lors d’une audience spéciale en début de semaine – et suivant ainsi « très largement » les réquisitions du ministère public.
Six personnes avaient été renvoyées devant la juridiction, rapporte le procureur de la République, Damien Martinelli, dans un communiqué. À l’origine des poursuites, des signalements répétés « de la présence d’individus armés », dans le quartier réputé sensible de Fenoglio de Briga (Nice-Est) et dans un appartement situé sur la rue éponyme. Les services de police sont ainsi avisés à deux reprises en janvier 2025, avant de perquisitionner le logement. À l’intérieur, six hommes et trois femmes sont alors interpellés ; deux d’entre eux, âgées d’une vingtaine d’années, sont originaires de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis ; un autre est Varois, un autre encore est Marseillais. Les autres individus vivent à Nice, leurs âges oscillent entre 22 et 79 ans. « Certains étaient connus des services de police et de la justice notamment pour des faits de trafic de stupéfiants », précise le magistrat.
Contrôle « par la force »
Les perquisitions s’enchaînent. Et avec elles, la découverte de plusieurs milliers d’euros, de dizaines de munitions, de nombre de téléphones et 400 grammes de cocaïne. Le tout faisant écho à l’arsenal déjà retrouvé le 20 janvier 2025, dans un appartement du même quartier, après des tirs ayant émaillé la nuit. Le quartier faisait d’ailleurs l’objet de violences répétées, après la mort d’un jeune homme en août 2024, criblé de balles. « Une perquisition de nuit avait permis de saisir un fusil à pompe avec cross amovible, une arme de poing calibre 9 mm, un chargeur de kalachnikov garni, trois gilets par balles, 75 cartouches de calibre 9 mm et 7.62 mm, et deux téléphones », rappelle en détail le parquet.
Une fois les deux procédures jointes, les enquêteurs ont donc mis au jour l’implication de plusieurs des mis en cause « dans l’organisation et le contrôle d’un réseau de trafic de stupéfiants au sein du quartier », ajoute le procureur Martinelli. Et de révéler in fine les ambitions d’une prise de contrôle « par la force » d’un point de vente de drogue et de la récupération de son fonctionnement « en recrutant des personnes extérieures par le biais des réseaux sociaux ». Cinq personnes auront donc été mises en examen des chefs d’« acquisition, détention, offre ou cession de stupéfiants », « infractions à la législation sur les armes de catégorie A et B » et « association de malfaiteurs », puis renvoyées devant le tribunal – une sixième pour trafic de stupéfiants et non-justification de ressources. En complément des peines de prison, des interdictions de séjour dans le département ou la région ont également été prononcées ; quatre personnes ont été maintenues en détention provisoire. La cinquième, qui comparaissait librement, a été incarcérée.
Poster un Commentaire