En Île-de-France, les 8 plus belles maisons d’artistes à visiter


Si la capitale regorge de maisons et d’ateliers de grands artistes ouverts aux visiteurs, l’Île-de-France n’est pas en reste ! Du château de Rosa Bonheur, véritable paradis des animaux, à l’éclatant cocon de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt, en passant par l’improbable demeure de la sculptrice Marta Pan au cœur de la vallée de Chevreuse, ces prestigieuses adresses offrent une plongée sensible dans l’intimité des créateurs.

Car c’est bien ce qui fait le charme de ces lieux hors du temps, où rien ou presque n’a bougé. En franchissant leurs portes, on a la touchante impression que leurs illustres occupants viennent à peine de s’absenter. Souvent bordées de paisibles jardins, de parcs ou de forêts, ces demeures d’exception offrent aussi l’occasion d’une belle balade dans la nature. De quoi inspirer vos prochaines escapades au printemps.

Toute la fantaisie de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt

Le bureau de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt

Le bureau de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt




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© Île de France / Christian Descamps

« À Milly, j’ai trouvé la chose la plus rare au monde : un cadre. » Jean Cocteau (1889–1963) occupera pendant un peu plus de quinze ans cette charmante maison à l’abri des regards indiscrets et du tumulte de la capitale et de ses vices. Tout ici inspire la quiétude, à commencer par le paisible jardin entourant la demeure ; un ancien verger qui offre à chaque printemps un spectacle des plus délicats et odorants. À l’intérieur, en revanche, l’œil ne sait plus où donner de la tête à la vue du détonnant mélange des genres imaginé par la décoratrice Madeleine Castaing et qui donne à cet intérieur cossu des allures de scène de théâtre ou de cabinet de curiosités selon les pièces, où se côtoient du mobilier rococo, des vinyles de jazz, une immense dent de narval ou encore un moulage des mains du célèbre poète… Dans chaque recoin vibre encore la présence magnétique de ce monument de l’art du XXe siècle.


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Maison de Jean Cocteau

Chez Jean Arp et Sophie Taeuber à Clamart, un haut lieu de la modernité

Vue de la fondation Arp à Clamart

Vue de la fondation Arp à Clamart




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Photo S. Tardy / Droits Fondation Arp

Pour trouver la maison de Jean Arp (1886–1966) à Clamart, il faut sillonner les petites rues en pente du triangle des Châtaigniers de part et d’autre desquelles s’élèvent bien des curiosités architecturales. C’est à la première épouse du sculpteur, l’architecte et designer Sophie Taeuber (1889–1943), que l’on doit cette belle demeure moderniste en meulière, sortie de terre en 1927. Le couple y a vécu, travaillé, et reçu leurs nombreux amis (Max Ernst, Joan Miró, James Joyce, Paul Éluard, André Breton…) avant de se réfugier en Suisse, pays natal de Sophie, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le lieu abrite aujourd’hui la fondation Arp, qui préserve l’héritage artistique du couple en organisant chaque année des expositions temporaires. Clou de la visite : l’atelier attenant à la bâtisse, dans lequel se déploient les sculptures de ce maître des formes organiques.

Ouvert les après-midi du jeudi au dimanche

L’élégante Maison Caillebotte à Yerres

La chambre de la maison Caillebotte avec le mobilier de Martin Guillaume Biennais

La chambre de la maison Caillebotte avec le mobilier de Martin Guillaume Biennais




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À peine a-t-on fait quelques pas dans cet immense parc verdoyant traversé d’une rivière que l’on comprend l’enthousiasme de Gustave Caillebotte (1848–1894) qui, a consacré à ce cadre bucolique, où il s’adonnait aussi à l’art du canotage, quelque 90 toiles. Achetée en 1860 par son père, la luxueuse propriété familiale séduit par ses grands volumes et ses rangées de colonnades. L’intérieur restitue l’atmosphère d’une vie bourgeoise, avec son mobilier de style Empire, son élégant billard et ses murs tendus de soieries aux couleurs éclatantes. L’atelier de l’artiste, situé sous les combles de la villa, abrite désormais des expositions temporaires. La visite se poursuit en plein air, à la découverte d’un chalet suisse, d’une orangerie ou encore de la Ferme Ornée, qui accueille régulièrement des œuvres d’artistes contemporains.


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Maison Caillebotte – Yerres

Comment y aller ?
En voiture :
35 minutes à partir de Bercy
En RER D :
20 minutes de Gare de Lyon
Des stations Gare du Nord, Châtelet ou Gare de Lyon, prendre le RER D direction Melun, arrêt Yerres, puis 7 minutes à pied en descendant l’escalier face à l’esplanade de la gare, en traversant le parking arboré et en rejoignant à droite la rue de Concy

Le musée Rodin à Meudon, la dernière demeure d’un géant

Le musée Rodin à Meudon

Le musée Rodin à Meudon




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© Agence Photographique musée Rodin / J. Manoukian

On connaît bien sûr le musée Rodin à Paris, installé dans l’hôtel Biron, sauvé de la ruine par le sculpteur. Mais saviez-vous qu’il existe aussi, sur les hauteurs de Meudon, un autre musée consacré à son œuvre ? En 1893, Auguste Rodin (1840–1917) jette son dévolu sur cet élégant manoir en briques, la villa des Brillants, entouré d’un paisible jardin. Il n’aura alors de cesse d’œuvrer à l’embellissement de cet ultime refuge, qui offre désormais aux visiteurs une véritable plongée dans la vie quotidienne de l’artiste. Grand amateur de sculptures antiques, il fait notamment aménager un espace baigné de lumière pour abriter sa fabuleuse collection de marbres, « l’atelier des Antiques ». La Porte de l’Enfer, Les Bourgeois de Calais ou Balzac sont quant à eux rassemblés dans la majestueuse galerie des plâtres. À la belle saison, on profite particulièrement du parc et de sa superbe vue sur Paris. Avant de partir, n’oubliez pas de saluer l’artiste, dont la pierre tombale est surmontée par Le Penseur.


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Musée Rodin – Meudon

Le château de Rosa Bonheur à Thomery, le paradis des animaux

L’atelier de Rosa Bonheur au château de Thomery

L’atelier de Rosa Bonheur au château de Thomery




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Première femme à recevoir la Légion d’honneur, Rosa Bonheur (1822–1899) fut aussi la première à acquérir en son nom un bien immobilier grâce au fruit de son travail. En 1860, elle s’installe dans cette magnifique demeure du XVIIe siècle sise au cœur d’un domaine seigneurial situé à Thomery, à la lisière de la forêt de Fontainebleau. Elle charge Jules Saunier (architecte de la chocolaterie Meunier à Noisiel) de construire un atelier où trônent aujourd’hui encore des tableaux inachevés de l’artiste, comme si elle venait tout juste de quitter les lieux. Jusqu’à sa disparition à l’âge de 77 ans, Rosa Bonheur y coulera des jours heureux entourée des femmes de sa vie, Nathalie Micas et Anna Klumpke, mais aussi de ses animaux chéris – chevaux, vaches, moutons et même des lions, sans oublier ses adorables toutous Gamine, Charley, Brizo… Pour prolonger l’expérience, on peut aussi séjourner dans l’une des chambres d’hôtes du château, qui abrite aussi un charmant salon de thé.


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Château de Rosa Bonheur

À Thomery, à 70 kilomètres de Paris.

La maison-atelier Foujita à Villiers-le-Bâcle, un petit coin de paradis vert (fermée pour travaux)

La maison-atelier de Foujita à Villiers-le-Bâcle

La maison-atelier de Foujita à Villiers-le-Bâcle




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Venu du Japon en 1913, Foujita (1886–1968) a longtemps vécu dans le quartier de Montparnasse, cœur battant de l’École de Paris, avant de s’établir à Villiers-le-Bâcle, charmant village de la vallée de Chevreuse. En 1960, l’artiste s’éprend d’une petite maison rurale datant du XVIIIe siècle qu’il restaure. L’intérieur est à son image : éclectique, vibrant de mille influences à la fois occidentales et orientales. C’est ici que Foujita travaillera à son dernier grand œuvre : la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims, dont on peut admirer les travaux préparatoires dans son atelier, précieusement préservé en l’état par son épouse après sa disparition. Cette dernière a fait don de leur demeure au Département de l’Essonne, qui y mène actuellement d’important travaux de réhabilitation. Réouverture prévue à l’horizon 2027.


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Maison-atelier Foujita

La bucolique maison-atelier de Daubigny à Auvers-sur-Oise

La maison-atelier de Charles-François Daubigny à Auvers-sur-Oise

La maison-atelier de Charles-François Daubigny à Auvers-sur-Oise




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© Bertrand Gardel / Hémis

Si l’on vous dit Auvers-sur-Oise, sans doute penserez-vous immédiatement (et à juste titre) à Vincent van Gogh. Mais le peintre des célèbres Tournesols n’est pas le seul à avoir jeté son dévolu sur ce paisible village. Celui-ci a en effet d’abord séduit les grands paysagistes du XIXe siècle, à commencer par Charles-François Daubigny (1817–1878) qui, le premier, a planté son chevalet dans ce cadre champêtre. En 1860, ce précurseur de l’impressionnisme achète un terrain pour y faire bâtir une maison entourée d’un joli jardin fleuri. L’atelier vaut à lui seul la visite : les murs, hauts de 7,50 mètres, sont recouverts de fresques peintes d’après des décors imaginés par un autre grand maître du plein-air : Camille Corot. Cette immersion au cœur de l’intimité de Daubigny se poursuit à bord d’une fidèle reconstitution du Botin, célèbre bateau-atelier de l’artiste.


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Maison-Atelier de Daubigny

L’ovni architectural de Marta Pan & André Wogenscky à Saint-Rémy-lès-Chevreuse

La Maison-atelier Marta Pan et André Wogenscky

La Maison-atelier Marta Pan et André Wogenscky




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Elle émerge au cœur de la verdure telle un ovni moderniste aux flamboyants murs rouges. En 1952, las de l’effervescence parisienne, la sculptrice Marta Pan (1923–2008) et son époux, l’architecte André Wogenscky (1916–2004), trouvent refuge dans la vallée de Chevreuse. Véritable œuvre d’art totale, la maison dessinée par cet ancien disciple de Le Corbusier est le reflet de la complicité artistique du couple et surtout de son audace. Voyez plutôt : ici, aucune cloison ne couvre les murs qui, lorsqu’ils n’ont pas été laissés à l’état brut, sont recouverts de peinture noire ! Dans le jardin sont aussi disséminées des sculptures de Marta Pan, qui travaillait le bois mais aussi le marbre et l’acier. Attention, cet écrin n’accueille les visiteurs que sur réservation.


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Fondation Marta Pan et André Wogenscky

Visites en groupes constitués, sur rendez-vous. Fermée en août





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