Elle Fanning dans des photos fabuleusement Dada qui affolent la mode


Dessins enfantins, collages artisanaux, associations surréalistes… La dernière couverture de Who What Wear (WWW), magazine de mode américain, a fait sensation. Et pour cause ! Mettant en scène l’actrice Elle Fanning, elle s’inscrit dans une esthétique ludique et faite main, à contre-courant des injonctions ultra-lisses imposées aux photographes, et témoigne d’un retour assumé à une culture visuelle nourrie par l’histoire de l’art.

À l’origine de ces images, Szilveszter Makó (né en 1971), photographe hongrois installé à Milan. Fort de collaborations avec de nombreux magazines en Europe et en Asie, il a tiré le portrait de personnalités telles que Willem Dafoe, Cate Blanchett et, plus récemment, Rama Duwaji, artiste et épouse du nouveau maire de New York Zohran Mamdani. Makó puise son inspiration dans un large éventail de courants artistiques, notamment la peinture de la Renaissance, le surréalisme et le Bauhaus.

Au-delà des commandes et collaborations avec des marques dont il assure toutes les étapes, de la production au stylisme, Makó est aussi l’auteur d’un travail plus personnel, présenté en 2024 à la galerie parisienne Courtois. « Je n’aime pas me définir uniquement comme photographe ; j’orchestre la scène dans son ensemble », affirme-t-il dans une interview accordée au site Models.com.

Des photos aux influences artistiques multiples

Chez Makó, le décor est un petit théâtre fait main avec des matériaux rudimentaires, lequel amorce un récit.

Cette approche trouve un écho particulier dans la production photo du dernier numéro de WWW. Les références y sont multiples et assumées : les formes asymétriques et les constructions bringuebalantes évoquent les bricolages Dada — comme ceux de la méconnue Hannah Höch —, l’esprit du Bauhaus et les glissements surréalistes.

 

Elle Fanning pour le magazine « WWW »

Elle Fanning pour le magazine « WWW », 2026




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Les assemblages d’objets hétéroclites ne sont ainsi pas sans rappeler les associations insolites de Salvador Dalí, René Magritte, Toyen, les trucages photographiques de Grete Stern ou de Dora Maar. L’artiste se dit également inspiré par le très avant-gardiste Ballet triadique d’Oskar Schlemmer de 1922 et ses improbables costumes aux volumes XXL. Chez Makó, le décor est un petit théâtre fait main avec des matériaux rudimentaires, lequel amorce un récit.

Une esthétique Do it yourself et joueuse

Dans cet univers, la douceur mutine d’Elle Fanning désamorce toute rigidité conceptuelle. La comédienne révélée par le film Somewhere de Sofia Coppola en 2011 s’amuse des différentes échelles, poses et textures, incarnant une mode ludique, presque expérimentale, où l’image devient un terrain de jeu autant qu’un outil de désir. Makó enferme le visage de l’actrice dans une boîte, comme le pionnier de l’assemblage et cinéaste d’avant-garde Joseph Cornell réunissait photos et objets dans de petits coffrets.

À rebours des images générées et standardisées, Szilveszter Makó opte pour une joyeuse esthétique Do it yourself . Et interroge avec simplicité les liens entre art, artisanat et production contemporaine des images. Un regard précieux et diablement rafraîchissant.





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