Découvrez ce qui a plu et déplu à nos envoyés spéciaux après le succès de la France contre la Norvège (4-1) vendredi, synonyme de première place et d’un 16e de finale à New York.
COUPS DE CŒUR
Le carton plein des Bleus
Trois matches. Trois victoires. Dix buts marqués. Deux encaissés. « Si on nous avait dit cela il y a un mois, on aurait signé toute de suite », plante Guy Stéphan vendredi soir dans les entrailles du Gillette Stadium. Si tout n’est pas parfait (fébrilité défensive, relâchement) ou doit être nuancé (équipe B de Norvège contre les Bleus), l’équipe de France a assumé son statut avec la première place du groupe I. Les attaquants sont en forme (Mbappé et Dembélé 4 buts, Barcola 1, Doué 1), le chef d’orchestre Michael Olise monte en puissance, l’animation offensive est séduisante (attention à l’équilibre d’équipe), l’entrejeu est costaud, aucun blessé n’est à recenser, du turnover a été effectué… La copie d’ensemble laisse entrevoir la suite avec sérénité. Et gourmandise.
Dembélé, le grand soir
À l’écouter, Ousmane Dembélé a «préféré (son) match face au Sénégal ou à l’Irlande (du Nord), j’ai été beaucoup plus influent». Un Ousmane Dembélé pour le moins agacé en zone mixte : soit il n’avait pas envie de parler, soit il avait un message à faire passer après les critiques des dernières semaines. Au choix. On miserait bien sur la deuxième option. En tout cas, le Ballon d’or 2025 s’est présenté sous son meilleur jour en première période. Un but du pied droit, deux du gauche. On n’est pas plus avancé pour savoir s’il est davantage droitier que gauche. D’ailleurs, pas sûr que l’intéressé sache répondre à cette question lui-même… Un triplé pour répondre aux critiques, un triplé pour régaler, un triplé pour gagner. Et un triplé pour rappeler à tout le monde que le Ballon d’or, c’est lui.
COUPS DE GRIFFE
Des trous d’air en défense
Ça commence à se voir. Même face à une opposition aussi peu relevée, les Bleus ont eu toutes les peines du monde à se montrer imperméables. Il y a le manque de concentration sur le but (voir par ailleurs), mais pas que. «Il y a toujours des choses à changer, qu’il faut modifier», confirme Maxence Lacroix, invité surprise de la charnière vendredi, en lieu et place de William Saliba. Lequel Lacroix vivait son premier match à la Coupe du monde. C’était pourtant le meilleur défenseur des Bleus lors de cette rencontre… Les latéraux, Jules Koundé et surtout Théo Hernandez, n’ont guère brillé. Et Dayot Upamecano, encore moins… Quelle mouche a piqué le Bavarois ? Mike Maignan a sauvé les meubles, tant mieux. Mais la France devra retrouver équilibre et solidité pour aller au bout.
Un relâchement à ne plus jamais revoir
En menant rapidement au score face aux coiffeurs norvégiens, l’équipe de France s’est rendue la vie facile. Mais à aussi eu tendance à relâcher la pression. Même contre une équipe B des Vikings, cela se paie cash. La preuve avec le but inscrit par Aasgaard (21e) sur le coup d’envoi suite au doublé de Dembélé. En quelques secondes, les Bleus se sont fait surprendre et transpercer, à l’image d’un Upamecano fébrile. D’autres séquences, notamment en seconde période avec une action menant au penalty à la suite d’une faute de Hernandez sur Bobb, alertent. « Si on veut être perfectionniste, j’ai moins aimé les périodes où l’on tombe dans la facilité, reconnaît Guy Stéphan, honnête et pas du tout langue de bois. On a eu tendance à faire moins de courses, ce qui donne des situations à l’adversaire, c’est ce qu’il faut gommer. Plus ça va aller, plus les adversaires seront de qualité. » Un avertissement. À méditer. Et des attitudes à ne jamais revoir.
Hommage à Deschamps, le flou de la Fifa
Un imbroglio et une vraie confusion. Si l’équipe de France a demandé à la Fifa la possibilité d’une minute de silence en hommage à la mère de Didier Deschamps et le port d’un brassard noir pendant le match face à la Norvège, tout a été refusé par l’instance mondiale. Une situation qui a agacé et déçu l’encadrement des vice-champions du monde. « La demande a été déclinée », a soufflé, avant le match, la communication des Bleus. La Fifa a mis en place une minute de silence en l’honneur des victimes du tremblement de terre qui a eu lieu au Venezuela.
La Norvège envoie les coiffeurs, dommage pour le show
On imaginait une finale pour la poule, un vrai choc. On n’a rien vu de tout cela. Les Norvégiens ont envoyé les coiffeurs face aux Bleus. 10 changements dans le 11 de départ. Erling Haaland, Martin Odegaard et autre Alexander Sorloth bien au chaud sur le banc. Évidemment, il n’est pas question de tirer à boulets rouges sur Stale Solbakken, le sélectionneur norvégien. La Coupe du monde, c’est un marathon. C’était déjà le cas auparavant, et encore davantage avec l’apparition d’un 16e de finale. Et les Norvégiens n’ont pas le réservoir de la France. En plus, la sélection scandinave, basée en Caroline du Nord, avait plutôt intérêt à terminer deuxième en termes de déplacements. Dans ces conditions, on comprend bien que coach Solbakken n’avait pas du tout envie de griller des cartouches face à la France.
Néanmoins, on a le droit de rester sur notre faim. On a plus assisté à une opposition d’entraînement qu’à un vrai match de Coupe du monde, avec ce que ça implique d’intensité, de tension. Tant pis, ce sera pour plus tard. Et d’ailleurs dès dimanche avec les premiers matchs de la phase à élimination directe. Pour ce qui est de la France, ce sera mardi, dans le New Jersey, sans doute face à la Suède.
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