démantèlement de deux laboratoires clandestins en Ariège


Fours industriels, presses hydrauliques… Derrière un pavillon ariégeois se cachait une véritable usine à drogues de synthèse. Deux labos ont été démantelés en quelques mois, une première dans le Sud-Ouest qui inquiète les autorités.

Deux laboratoires clandestins de fabrication de drogues de synthèse ont été démantelés en décembre puis juin en Ariège, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Bordeaux, qui avait fait état d’une opération similaire dans le Tarn le mois dernier.

«Ce sont les premiers laboratoires qu’on démantèle dans le Sud-Ouest», a déclaré Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux, qui précise qu’il n’y a «aucun lien» entre ces deux affaires.


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Le 17 décembre, les policiers de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) et du SIPJ 31 ont perquisitionné un pavillon à Sainte-Croix-Volvestre, entre Toulouse et les Pyrénées, selon une source policière.

Ils y retrouvent «tout un laboratoire: un four industriel, des presses hydrauliques, de très gros mélangeurs et des balances de précision, 240 kilogrammes de cannabis de synthèse conditionnés en paquets de 100 grammes (…) prêts à être expédiés», détaille M. Gaudeul, évoquant un produit «10 fois plus puissant» du cannabis naturel «et plus dangereux».

Un conseiller municipal mis en examen et écroué

L’habitant du logement, conseiller municipal selon une source politique locale, est mis en examen notamment pour fabrication, exportation, transport ou encore détention de «stupéfiants en bande organisée» et écroué.

L’enquête conduite par la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux (JIRS) débouche sur une nouvelle opération en juin à Daumazan-sur-Arize, près de Sainte-Croix-Volvestre, «dans les locaux d’une entreprise transformée en laboratoire», selon le magistrat. «Plus opérationnel», «il aurait été utilisé avant celui perquisitionné en décembre», ajoute-t-il. Quatre hommes sont mis en examen pour les mêmes chefs. L’un d’entre eux est écroué.

Cocaïne, héroïne, cannabis et champignons hallucinogènes ont aussi été retrouvés chez eux, selon la source policière, qui évoque la saisie de plusieurs centaines de kilos de CBD dépassant le seuil légal de teneur en THC (principe psychoactif du cannabis) ou encore de 73 kg de cannabis. Les cinq hommes arrêtés sont tous Ariégeois, âgés de 37 à 51 ans et pas ou très peu connus de la justice, selon le parquet.


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Le 11 juin, lors du démantèlement du laboratoire dans le Tarn, 28 kg de poudre d’amphétamine et environ 38.000 euros en liquide avaient été saisis. Selon une note de l’Ofast, la composition des drogues de synthèse «est variable et mal connue», avec un risque accru d’addiction, de troubles psychiatriques, neurologiques ou cardiaques, mais aussi de surdoses mortelles. Souvent moins chères que les drogues traditionnelles, «ces substances proviennent principalement de laboratoires situés en Europe, notamment aux Pays-Bas», selon l’Ofast.



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