ces jeunes Françaises victimes d’excision dans le pays d’origine de leurs parents


ENQUÊTE – Près de 139 000 femmes excisées vivraient aujourd’hui en France. Si aucune pratique active n’est recensée sur le territoire, certaines jeunes filles restent exposées lors de séjours à l’étranger. Cet été, à l’heure des départs en vacances, le gouvernement a lancé une campagne nationale de prévention de ces violences.

À l’été 2007, Fatoumata, alors âgée de 9 ans, s’envole pour la première fois vers la Gambie avec ses parents. Née en Picardie, elle est issue d’une famille originaire du Sénégal et de Guinée, dont certains membres vivent en Gambie. Quelques jours après son arrivée, au petit matin, sa grand-mère vient la réveiller et lui lance : «Nous allons faire un tour, toutes les deux.» Fatoumata, qui ne parle pas le mandingue, la langue de son aïeule, la suit sans se poser de questions. Elles s’arrêtent devant une petite cabane située à quelques mètres de la maison familiale. À l’extérieur, des femmes attendent avec leurs bébés dans les bras, tandis que d’autres, hachettes à la main, s’affairent autour d’elles. «Je voyais du sang partout : je ne comprenais rien, j’étais terrorisée», se souvient-elle. Fatoumata est alors saisie, déshabillée et maintenue malgré ses cris. Elle perd connaissance. À son réveil, elle est allongée sur le ventre, à l’intérieur du cabanon. L’excision a été pratiquée…

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