Bien-être animal – Le bien-être des veaux passe par un allaitement suffisant – Élevages bovins lait et viande, Santé animale


Une des conditions pour assurer le bien-être des veaux est de leur donner du lait à hauteur de leurs besoins de croissance. C’est le bilan tiré des dernières recherches dans le cadre du projet Care 4 dairy. Or ce n’est pas toujours le cas en élevage. Les résultats de différents essais sur ce thème ont été présentés lors d’un webinaire le 25 mars dernier.

Plus de lait, plus de tétée ! Non, cette phrase n’est pas le prochain slogan d’une manifestation intersyndicale des veaux mais bien une préconisation issue de recherches récentes. Le 25 mars dernier, l’Idele organisait un webinaire sur le bien-être des veaux laitiers, auquel participaient des chercheurs maison, ainsi que des spécialistes de l’Inrae.

Isabelle Veissier, directrice de recherche à l’Inrae, s’est penchée sur l’alimentation des veaux pendant la phase lactée. La réglementation impose de donner aux veaux au moins deux repas par jour, dont un de lait. Le plus souvent, les quantités distribuées sont d’environ 10 % de leur poids par buvée. Pourtant, lorsque le veau est laissé avec sa mère, il tète généralement trois à dix fois par jour. Il peut aussi absorber 13 % de son poids par tétée et 20 % chaque jour. Sachant cela, la chercheuse a voulu questionner les pratiques en élevage pour savoir si elles étaient suffisantes pour assurer le bien-être de l’animal.

Les veaux peuvent boire jusqu’à 12 litres par jour

Un essai a été réalisé, au cours duquel du lait a été donné à des veaux dans des quantités différentes mais fixes. Les animaux avaient aussi accès à un aliment en granulés, qu’ils pouvaient consommer à volonté. « De la première à la sixième semaine, il apparaît que les veaux restreints en lait ne parviennent jamais à ingérer autant d’énergie métabolisable que ceux qui reçoivent 12 litres de lait par jour », observe Isabelle Veissier. Au cours des septième et huitième semaines, ils arrivent à compenser partiellement. Ce n’est qu’à la neuvième semaine qu’ils sont capables d’ingérer assez de granulés pour disposer de l’énergie dont ils ont besoin.

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D’après elle, ce phénomène s’explique par le fait que le veau a besoin de tout ce temps pour devenir un ruminant. A l’âge de six semaines, par exemple, il peut digérer des aliments solides mais son rumen n’est pas encore complètement développé. C’est la raison pour laquelle il est incapable de compenser un faible apport en lait.

Si la question des quantités de lait données aux veaux préoccupe les chercheurs, c’est parce que les conséquences d’un allaitement insuffisant sont loin d’être anodines. Un veau qui ne reçoit pas assez de lait ne se développe pas normalement. Son poil est souvent terne et il est régulièrement sale ; il a souvent une posture voussée. Les comportements anormaux sont aussi fréquents chez ces veaux (succions croisées et succions non nutritives, notamment). D’une manière générale, les chercheurs notent que les quantités distribuées en élevage ne sont pas suffisantes, en raison d’une organisation conçue pour limiter la charge de travail.

Du lait au DAL pour une distribution adaptée

Une des solutions, pour permettre un allaitement suffisant en fréquence et en quantité, sans pour autant alourdir la charge de travail, consiste à utiliser un DAL. Cette solution est testée à la station Inrae de Marcenat (Cantal). Elle est présentée par Matthieu Bouchon, en charge des expérimentations sur la station.

A Marcenat, 180 vêlages annuels sont partagés en deux groupes : 110 à 120 entre mi-septembre et mi-décembre et le reste entre mi-février et mi-mai. Les veaux sont laissés cinq à huit jours en niches individuelles, puis les femelles sont installées en cases de 20 à 25 individus.

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L’alimentation est faite au DAL, à raison de quatre à huit litres de lait entier par jour, selon l’âge. Les génisses reçoivent également, au DAC, jusqu’à deux kilos de concentré par jour. Elles ont aussi à disposition de l’eau, du sel et de l’argile. « L’intérêt du DAL, dit Matthieu Bouchon, c’est qu’il permet de suivre la consommation des animaux un par un et de repérer tout de suite celui qui aurait un problème de santé ».

Les génisses sont sevrées à 90 jours. Pour atténuer le choc, les quantités de lait sont diminuées progressivement au cours du dernier mois et le changement de logement ne se fait pas avant la deuxième semaine suivant l’arrêt du lait. Par la suite, les génisses sont gardées en parcs collectifs et ont accès à l’extérieur, tant que la météo le permet. Ce système permet d’assurer le bien-être des veaux sans alourdir la charge de travail.



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