Le tribunal l’a jugée coupable de privation de soins ayant entraîné la mort sur deux bébés nés en 2018 et 2019. La mère de famille, est restée impassible, bras croisés, à l’annonce de ce verdict.
Elle n’aura donc pas convaincu. Ce vendredi, Aurélie S., 44 ans, poursuivie pour avoir tué ses deux nourrissons à peine venus au monde et les avoir congelés pendant plusieurs années dans sa maison de Bedoin, a été condamnée à 25 ans de prison par la cour d’assises de Vaucluse.
Le tribunal l’a jugée coupable de privation de soins ayant entraîné la mort sur deux bébés nés en 2018 et 2019. La mère de famille, qui a aussi été reconnue coupable de violences sur ses trois filles aînées, sur lesquelles elle perd l’autorité parentale, est restée impassible, bras croisés, à l’annonce de ce verdict particulièrement lourd dans ce type de dossier.
En 2009, Véronique Courjault avait été condamnée à huit ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Tours pour avoir tué trois de ses enfants à la naissance dont deux avaient été déposés dans le congélateur familial. En 2015, Dominique Cottrez avait été condamnée à neuf ans de prison pour avoir étouffé huit de ses nourrissons. Jeudi, l’avocat général n’avait d’ailleurs requis «que» 18 ans de réclusion criminelle contre Aurélie S.
Huit grossesses, sept pères, deux nourrissons congelés : la vie chaotique d’Aurélie S., accusée de meurtre et de maltraitances
Les différents légistes ne s’accordaient pas sur la cause de la mort
Tout au long de l’instruction et du procès, Aurélie S. a nié toute intention de tuer. «Je les ai pas tués, mais c’est les conséquences de mes non-actes, de ce que j’ai pas fait», a-t-elle soufflé lors de son interrogatoire mercredi. Les causes de la mort des deux petites filles nées, et mortes, en 2018 et 2019 ont été au cœur des débats pendant le procès. La semaine dernière, les différents légistes ont convenu que les deux petites filles étaient nées à terme, vivantes et sans malformation. Mais ils se sont tous les trois refusés à dire si un coup extérieur avait pu être porté.
Pour la première, qui a vécu deux jours et a été nourrie et baignée par les filles aînées de l’accusée, l’avocat général a retenu la qualification de meurtre alors qu’Aurélie S. assure qu’elle a succombé à une chute dans l’escalier, alors qu’elle tenait le bébé dans les bras. En tous les cas, a cinglé la magistrate en charge de l’instruction à la barre mercredi, «en ne lui prodiguant aucun secours, Mme S. l’a condamnée à mort». Quant au deuxième bébé retrouvé dans le congélateur, Aurélie S. l’a accouché suite à un déni de grossesse, et a raconté que l’enfant n’avait pas donné signe de vie. Les analyses légales ont montré qu’il était mort des suites de l’accouchement difficile, et notamment du fait qu’Aurélie S. n’avait pas coupé le cordon ombilical. «Je ne savais pas qu’il fallait couper le cordon de suite», a-t-elle argué mercredi. La présidente s’est étonnée de cette méconnaissance, pour une femme qui en était à sa huitième grossesse et avait déjà accouché à domicile.
Pour ce cas, l’avocat général a retenu un défaut de soins ayant entraîné la mort. Les deux fois, Aurélie S. a placé les petites au congélateur après avoir décrété qu’elles étaient mortes sans avoir appelé les secours ni tenté de les ranimer. Une décision prise, selon elle, dans la «panique» pour cacher ces décès à ses aînées qui pendant ce procès ont témoigné contre elle. La défense, pour qui les deux bébés sont morts accidentellement, avait plaidé l’acquittement.
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