Au Grand Palais, la foire Art Paris 2026 riche en belles promesses



Évènement artistique majeur du printemps parisien, la foire Art Paris est un peu la petite sœur cool et branchée d’Art Basel Paris, réputée élitiste et dont le réseau est davantage huppé et international. Art Paris affiche une volonté assumée de consommer hexagonal, avec 60 % de galeries françaises (et pas seulement parisiennes) sur les 165 exposants. Et – cocorico ! –, elle offre aussi délibérément une belle concentration d’artistes français.

Aux manettes de cette grosse machine depuis 2012, l’inoxydable directeur artistique Guillaume Piens a bâti au fil des années la réputation de la marque pour en faire un rendez-vous qualitatif, agréable et structuré. « Quand je suis arrivé, Art Paris ressemblait à un vide-grenier », se rappelle-t-il. Nous aussi, on s’en souvient. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui on apprécie la formule à succès. Elle s’articule autour d’un secteur « Promesses » réunissant près de 30 jeunes structures qui défendent la création émergente, sélectionnées par le commissaire d’exposition indépendant Marc Donnadieu.

Une vaste réflexion plastique sur le langage

Mais aussi de deux parcours fléchés dont les thématiques engageantes ont été confiées à des commissaires invités. Tourné vers la scène nationale, le premier d’entre eux, intitulé « Babel – Art et langage en France », a permis à Loïc Le Gall, directeur du centre d’art contemporain Passerelle à Brest, de relier 21 artistes de la foire dont le travail explore la richesse et parfois l’énigme des systèmes de signes et des structures langagières comme champ d’expérimentation plastique.

C’est, par exemple, l’expression libérée brute, instinctive, proche du griffonnage ou du cri intérieur, qui occupe une place centrale chez Jean Dubuffet (galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris-Lisbonne). Dans les œuvres de Fabrice Hyber (galerie Nathalie Obadia, Paris- Bruxelles), le texte est l’élément d’une composition où les idées se ramifient. Notons encore, pour Sara Ouhaddou, la création d’une nouvelle forme de langage à partir de symboles et de tracés inscrits dans des histoires culturelles.

La réparation au cœur de cette édition

Directrice déléguée du Centre Pompidou Francilien à Massy, Alexia Fabre s’est attachée à mettre en lumière le thème du second parcours, « La réparation », dans les travaux d’une vingtaine d’artistes internationaux. Telle la Sud-Africaine Mary Sibande (Everard Read Gallery, Johannesburg-Le Cap- Franschhoek-Londres) qui revient sur la domesticité, condition à laquelle ont longtemps été soumises les femmes noires de son pays.

Inscrit dans une tradition vietnamienne ancestrale, le geste sculptural de Nguyen Duy Manh consiste à entailler, blesser, mutiler les céramiques dont chaque plaie devient le sujet même de l’œuvre (galerie Bao, Paris). Art Paris, ce sont aussi 24 solo shows qui offrent au public une belle occasion de s’immerger en profondeur dans le travail d’un artiste.

Du 9 au 12 avril 2026 au Grand Palais

Plus d’informations sur le site de la foire Art Paris





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