2026 marque le centenaire de sa naissance. Cette année, François Morellet (1926–2016) est à l’honneur de dizaines d’expositions un peu partout en France. La plus importante d’entre elles réunit 100 œuvres du maître de l’abstraction géométrique au Centre Pompidou-Metz, dans un parcours qui fait la part belle à deux de ses facettes – l’une rigoureuse, héritée de son admiration pour Mondrian, l’autre fantasque façon Picabia.
Plus surprenant peut-être, le château de Versailles est aussi de la partie, et héberge jusqu’à l’automne six œuvres de l’artiste dans la chapelle royale, le grand appartement du roi et le parc du domaine. L’initiative vient, comme l’ensemble des manifestations de cette année anniversaire, du Centre Pompidou, et le domaine a travaillé pour l’occasion avec l’Estate Morellet.
« Un maître des néons chez le Roi-Soleil »
Résultat ? Un parcours certes réduit, car concentré sur une poignée d’œuvres, mais qui prouve la force de la pratique de l’artiste abstrait, son adaptation immédiate à toutes sortes de décors – lui qui a tant travaillé dans l’espace public –, l’élégance parfaite de l’alliance entre les ors du roi et les lignes épurées de Morellet. Le tout est accompagné pour l’occasion d’un texte commandé à l’écrivain Erik Orsenna pour les Carnets de Versailles (mai-décembre 2026).

François Morellet, Lamentable, 2006
© château de Versailles / photo : T. Garnier
Extrait : « On connaît les œuvres de Morellet, magicien des trames, sculpteur de grilles en boules, inventeur de joyeux mikados de lumières. Un maître des néons chez le Roi-Soleil ! Avouez que la rencontre ne manque pas de piquant ! Notons que ce François a l’habitude des palais. Celui du Louvre lui a déjà ouvert ses portes. Dans l’escalier Lefuel de l’aile Richelieu, il a tellement joué avec les vitrages qu’on ne sait plus qui regarde qui, si l’œil-de-bœuf est vitrail ou miroir. »
Un sublime dialogue
Dans cet autre palais qu’est Versailles, on ira donc dans la chapelle royale observer comment le ballet noir de Beaming π dialogue avec le sol en marbre coloré, dans le salon d’Apollon s’accroupir (du moins, en pensée) devant une Super Position installée en hauteur comme un trône, observer une danse de néons courbes entre de très sérieuses colonnes, sorte de lustre encanaillé par la modernité.

François Morellet, Super Position Nº4, 2002
© château de Versailles / photo : T. Garnier
Dans le parc, le « géomètre, prince des lignes » qu’est Morellet selon Orsenna entre dans un dialogue avec la nature à l’Anglaise de cette partie du domaine, et fait pousser ses sculptures longilignes au cœur du bosquet des Bains d’Apollon. Comme une fugue de formes rouges, une constellation éclatante au cœur de ce jardin pensé par Hubert Robert.
Morellet à Versailles
Du 30 juin 2026 au 1 novembre 2026
Château de Versailles • 78000 Versailles
www.chateauversailles.fr
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