Au BAL, la photographie radicale de l’Italien Guido Guidi



Trois commissaires italiens, Simona Antonacci, Pippo Ciorra et Antonello Frongia. Un scénographe génial, Cyril Delhomme. Il n’en faut pas moins pour venir à bout de l’œuvre « indocile » de Guido Guidi. Elle est magistralement exposée au BAL, après avoir été montrée l’an dernier au MAXXI, à Rome, dans une version plus ample.

À 85 ans, le mage de Cesena, la ville du nord-est de l’Italie où il vit, est le dernier d’une génération d’artistes qui a refondé de manière radicale le langage photographique, avec Luigi Ghirri (1943–1992) et Ugo Mulas (1928–1973), l’autre étoile de la photographie contemporaine italienne.

Une réflexion patiente et obstinée sur ce que veut dire « voir »

Déployant « une rhétorique par objet » (selon la formule du poète Francis Ponge), il cherche, comme il le dit, « non pas à imiter le brin d’herbe en le copiant comme une icône », mais à le copier « à travers l’appareil photo pour le reproduire dans sa vérité ».

Par déplacements et répétitions, accumulations de points de vue, décentrements, recentrements et surtout «  transgression de toutes les règles esthétiques », Guido Guidi mène une réflexion patiente et obstinée sur ce que veut dire « voir » quand on manie un « instrument doté d’une intelligence propre ».

Un regard étonnant

Les paysages de Vénétie ou de Romagne, les architectures, qu’elles soient vernaculaires ou signées de grands noms comme Carlo Scarpa, s’engouffrent dans sa chambre 20 × 25 et libèrent des perspectives tronquées, des ombres inattendues, des couleurs exténuées de fresques du Rinascimento, que seul l’appareil, dans son dialogue mystérieux avec la lumière et le temps, est à même de révéler.

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Guido Guidi – Col tempo, 1956-2024

Du 20 février 2026 au 24 mai 2026

www.le-bal.fr





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